jeudi 28 novembre 2019

Des voix… celles qu'on entend jamais à la radio !

Mais celle de Sibyle Veil, Pédégère de Radio France, j'en peux plus de l'entendre ainsi que sa chansonnette (sa scie), sa roucoule, pour vanter les mérites des équipes de radio, des orchestres, des "opérations exceptionnelles de nos équipes dans les territoires, et bla, bla, bla et bla, bla, bla !" Sibyle Veil chante faux, très faux. Et ce n'est plus tenable de l'entendre d'une oreille annoncer ses remerciements aux chaînes qui réalisent de si bons résultats et de l'autre son refus absolu d'écouter et d'associer les salariés aux projets de réorganisation de Radio France. Cette méthode de management, du même tonneau que celle de Gallet, ne fonctionne qu'à la com' : pour enfumer les auditeurs dans le monde merveilleux de la Radio France (1) et pour montrer le zèle de la Pédégère et son allégeance aux tutelles et au gouvernement.


Par contre j'ai été ému et touché d'entendre des voix qu'on entend jamais à la radio. Ces voix qui sont derrière les voix de radio. Et qui, dans l'ombre, participent de sa fabrique. Comme j'avais pu les entendre aux AG de grève de 2015, j'ai pu depuis lundi les écouter aux AG de 13 h à la maison de la radio (2). Beaucoup de femmes prennent la parole avec lucidité, engagement, bon sens et une véritable passion pour leur métier. Une passion et une lassitude face au déni absolu de Veil et des responsables qui avec un "plan stratégique" et une réorganisation oublient juste de les écouter.

Voilà bien le paradoxe des paradoxes. La radio média de l'écoute n'est pas capable d'écouter ceux qui la font avec l'idée forte du service public chevillée au corps. Mais chevillée pour combien de temps encore quand chacun peut se sentir déclassé, méprisé, abandonné, précaire ? Depuis les débuts du numérique à Radio France, fin des années 90, les personnels se sont adaptés et se sont engagés pour être en phase avec l'évolution des techniques et des usages. Malgré cela, ce que Gallet n'a pas su faire Veil le reprend sans état d'âme, avec morgue et dédain pour l'audiovisuel public qu'elle ne connaît pas ou qu'elle connaît d'une façon technocratique et marketing, autant dire à mille lieux de l'idée d'un service public… universel ! 

Le personnel a beaucoup de choses à dire sur sa souffrance mais aussi sur sa passion de la radio. On voudrait les écouter à la radio au "Téléphone sonne" dans le "Grand entretien" de la matinale d'Inter, dans "La marche de l'histoire" (Inter) dans "Le temps du débat" (Culture), dans "Soft Power" (Culture), dans "L'instant M" (Inter), dans "Grand bien vous fasse" (Inter), etc, etc. Mais faut pas rêver, la radio annonce vouloir faire vivre la proximité, la solidarité, l'engagement citoyen, toutes choses qu'elle refuse à ses employés. La radio serait donc au palmarès de l'écoute mais avec des comportements contraires aux valeurs qu'elle prône, défend et diffuse à l'antenne. Cette double attitude ne pourra plus durer très longtemps quand les auditeurs auront ouvert les oreilles et découvert la supercherie.

La direction de Radio France fait tout pour que le mouvement de grève et de "ras le bol" ne s'entende pas, pourtant les auditeurs doivent savoir. Guettons les publications de R2D (Radio Dedans Dehors) et appelons de nos vœux une nouvelle "Radio debout" pour donner la parole à tous celles et ceux qui ne la prennent jamais.




Tribune des producteurs de Radio France (à paraître dans Le Monde)…

(1) Enterrée 36 pieds sous terre la consultation citoyenne bidon ! Qui aurait cru que les auditeurs pourraient être acteurs de la radio publique ? Qui ?
(2) Retransmises en direct sur FB et réécoutables en différé, 

3 commentaires:

  1. Si les équipes souffrent autant au travail; pourquoi n’en changent-ils pas ? Ou qu’ils profitent du PSE !!??

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    1. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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    2. Bonjour, je ne publierai plus vos com' si vous restez anonyme ! Euh "Changer de travail c'est pas juste en traversant la rue, si ? Il y a un PSE, mais sur les emplois et services ciblés, il y a peu de volontaires pour ces fameux "départs volontaires" !!!

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