dimanche 11 novembre 2012

REC : Marilyn…











Depuis le 3 août 2012, Marilyn Monroe s'est tue à la radio, ou plutôt à France Culture, après que Michel Schneider lui ait consacré une grande traversée. Depuis le 29 octobre, le feuilleton (1) "Marilyn, dernières séances" prolonge le chemin vers "l'inaccessible étoile".
"Trente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, [Marilyn et Ralph Greason, son psychanalyste] formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien. Elle lui avait donné comme mission de l'aider à se lever, de l'aider à jouer au cinéma, de l'aider à aimer, de l'aider à ne pas mourir. Il s'était donné comme mission de l'entourer d'amour, de famille, de sens, comme un enfant en détresse. Il voulut être comme sa peau, mais pour avoir été la dernière personne à l'avoir vue vivante et la première à l'avoir trouvée morte, on l'accusa d'avoir eu sa peau. Telle est l'histoire. Deux personnes qui ne devaient pas se rencontrer et qui ne purent se quitter. Des mots noirs et des souvenirs blancs. Dans la lumière adoucie d'un cabinet de psychanalyste se redit la dernière séance de Marilyn" (2)

J'ai écouté les dix épisodes à la suite les uns des autres. Pour la longue durée. Pour être dedans. Pour entendre la petite musique désaccordée d'une femme abandonnée et essayer de comprendre les cercles concentriques du désespoir qui, lui tournant autour ont fini par l'étouffer. Cette fois-ci j'ai préféré écouter le feuilleton avant de lire le livre de Schneider (3), pour la musique, l'autre, celle que Marilyn interprète si bien en chantant. Et pour la retranscription à la radio d'un temps arrêté ou ralenti où Marilyn va tête baissée vers son destin. La mesure, le rythme, le tempo de ce feuilleton me vont bien tant ils semblent "raccords" avec le propre rythme de Marilyn avant sa mort. Le tourbillon n'a pas cessé mais ses séances chez son psychanalyste l'obligent à marquer le pas, à voir les réalités qui l'entourent, à changer d'optique et à se rendre à l'évidence qu'elle risque d'être définitivement "mal-aimée" ou le stéréotype insupportable de "Marilyn Monroe".

Marilyn parle à Greason de "faux-raccords" comme si toute sa vie n'était faite que de ça, même si le cinéma et sa technique ou sa magie tentaient en vain de les estomper. "Apparaître pour mieux disparaître" (3). Marylin force le blues et comme je l'écrivais mercredi c'est "une chanson désespérée", comme le confirme ce feuilleton troublant et poignant.

REC : pour RECord, touche d'enregistrement sur un magnétophone.

(1) France Culture, du lundi au vendredi, 20h30,
(2) in le site de l'émission,
(3) "Marilyn, dernières séances" de Michel Schneider est publié aux éditions Grasset.

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