mercredi 24 février 2021

Parentalité : une bonne claque… (aux certitudes)

Et Delphine Saltel, documentariste, de remettre le couvert pour pousser encore plus loin le bouchon des phénomènes de société, comment ils nous interrogent au quotidien et comment elle se met en 'je" pour tenter quelques amorces de réponse qui passent par l'acceptation du "pas de côté" où comme le disait fort bien "L'an 01" de Gébé "On arrête tout, on réfléchit et c'est pas triste"…

Désolé pas trouvé les crédits de l'auteur-trice de ce dessin









Se mettre en "je" pour Saltel c'est aller assez loin, voire très loin. Pour cet épisode sur la parentalité (Part 1), elle a poussé les constats jusqu'à faire "témoigner" ses propres enfants ! Fallait oser. C'est à la fois d'une grand honnêteté et un exercice de haute voltige. C'est à la fois une étape d'un long processus éducatif et la nécessité absolue de ne pas vouloir continuer à être dépassée, stressée, K.O.. Soit engager la panoplie des questions (les bonnes, les mauvaises) et essayer de trouver les réponses (les bonnes, les mauvaises).

Fichtre, c'est passionnant et c'est pas gagné. Mais c'est courageux et honnête. On est loin des recommandations tendance "développement personnel", de la méthode Coué à deux balles ou de "la parentalité pour les nuls". Plutôt que de monter sur la table et d'annoncer qu'"on a tout faux" Delphine Saltel scrute sa propre histoire (et celle de son conjoint). Pour questionner ce qui taraude nos quotidiens, plombe notre culpabilité, tendance "bras ballants", fatalistes en invoquant le mantra inusable "Ça ira mieux demain !".

Saltel, sans détour, n'y va pas par quatre chemins (allégorie) et son auto-critique - subtile et de bon sens - pourrait nous aider à remettre les choses à plat. Cet épisode de sa série "Vivons heureux avant la fin du monde" fait du bien, en bousculant quelques certitudes ancrées, quelques angoisses cachées, et autres renoncements honteux. Delphine Saltel ne donne jamais de leçon, à chacun d'attraper l'une ou l'autre des clochettes qu'elle fait tintinnabuler à nos oreilles.

Mais vraiment, je n'hésite à le redire, cette parole nous touche là où ça fait mal (et où ça peut faire du bien). Ce "je", mis en jeu renouvelle questions et réponses, pour lesquelles en leur temps, à travers leurs émissions de radio interactives, Ménie Grégoire (RTL, 1967) et Françoise Dolto (France Inter, 1977) tentaient d'y répondre .

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Épisode 2
Delphine Saltel :"Quand j’embarque à bord d’un train avec mes deux enfants j’aime bien regarder la tête du voyageur déjà confortablement installé quand il comprend qu’il va devoir passer 3h1/2, assis là, dans le «carré famille» juste à côté de nous. Y’a d’abord un voile de désespoir qui passe dans ses yeux et puis en général il prend illico la fuite vers le wagon bar…" Pour nous remettre dans le bain, Saltel pose l'équation : "Comment faire supporter aux autres le tonus de nos enfants et surtout comment ne passe sentir en permanence coupable !

Comment renoncer à être un parent parfait ? Et une citation de Florence Foresti tombe à pic ! «Mais en vrai dans la vie la plupart du temps j’y arrive pas !». Dans cet épisode la documentariste interroge les effets de l’éducation positive… sur soi, sur les autres parents, sur le regard permanent des adultes qui jugent le comportement des enfants et celui de leurs parents.

Saltel met en parallèle les principes de l’éducation positive et la réalité de cette éducation qui permet à l’enfant de se réaliser et, surtout, de "ne pas être sage une image». Pédagogue elle (se) pose les bonnes questions et nous aide à entrevoir des réponses, un peu plus loin que la la/les lectures de livres aux formules magiques ! La fonction parentale s'étant transformée en métier, celle-ci ne cesse de culpabiliser les parents désemparés par les injonctions contradictoires de méthodes toutes plus positives les unes que les autres !

Voilà ce qui devrait nous permettre de moins se ronger les sangs ! Prendre un peu de distance voire même de la hauteur !

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