lundi 13 février 2023

Crash à tous les étages… (de la Maison de la radio)

Changements de direction : Mouv' /Mathieu Marmouget (fin janvier 22), France Inter/Adèle van Reeth (1er septembre 22), Fip/Ruddy Aboab (1er janvier 22), France Bleu/Céline Pigalle (1er avril 23), France Info/Jean-Philippe Baille (1er janvier 21), France Culture/Wait and see… Trois de ces six chaînes, Mouv', France Bleu, et France Culture sont ou seront en plein bouleversement éditorial. Pour finir de charger la barque ajoutons que les velléités d'auto-fusion de France Bleu/France 3 + France Info Radio et France Info TV mettent l'audiovisuel public dans un maelstrom digne d'une super production Marvel et Disney associés. Sans les pop-corn.
















Le  Mouv', Mouv' 
Perpétuelle réinvention (depuis sa création en 1997) : replâtrage, foutage de gueule, éditorial girouette. Une ligne discontinue permanente. Un jouet cassé. Un magnéto crachouillant pour mômes. Un refrain aussi rayé qu'une antenne qui depuis longtemps aurait du être… rayée de la carte. Une danseuse [pour Pdg, Michel Boyon, of course] bloquée, qui ne danse plus et n'invite plus à danser ! Un chanteur has been qui n'arrive plus à chanter. Des auditeurs désenchantés. Une pincée de gazouillis pour être tendance. "C’est une rentrée toute particulière pour Mouv’ dont la grille va connaître un reboot cette saison". CQFNPD. On est fixé ! Et vogue la galère !

Toujours aussi péremptoire, Sibyle Veil, Pédégère de Radio France, joue avec nos nerfs. En septembre 2022, présentant le nouveau directeur de Mouv' elle pérore : "[Mouv' doit] être la radio de la génération Internet". Pas possible ? Out le mantra bienvenue Méthode Coué, appliquée à une communication institutionnelle… pathétique. Depuis vingt-six ans, Le Mouv'/Mouv' essaye de coller à quelque chose qui s'appellerait la "jeuuuuunesssse". Rien n'y fait, les audiences ne décollent pas et la radio la plus confidentielle reste dans le black absolu. Perdue en mer et… sur terre !

France Bleu 
Ou la chronique d'un désastre annoncé ! Depuis Cavada-Waterloo, Cavada-jacobin, Cavada-rideau (1). Rideau sur l'initiative locale tuée dans l'œuf, la syndication à marche forcée, l'identité régionale (départementale, locale) bafouée ! Stop ou encore ? C'est encore plus de descente aux enfers. Stop c'est comment en est-on arrivé là ? Consultant les astres ou quelques cartomanciennes estampillées Voyance extra-lucide, Madame Veil annonce "ll faut une nouvelle impulsion pour France Bleu. [Pour ce faire] j’ai décidé de nommer à la tête du réseau une grande professionnelle des médias : Céline Pigalle." Peut-on conclure, sans haine et sans crainte, que Jean-Emmanuel Casalta, ex-directeur du réseau n'était pas un grand professionnel des médias ? Voilà une communication bien sentie !

Je ne lis pas un seul papier sur l'histoire de France Bleu qui conterait par le menu comment Cavada-fossoyeur a désespéré Billancourt, les équipes de réalisation et les auditeurs. Pas un papier. Rien. Comme si les locales de Radio France n'existaient que depuis le Plan Bleu ? Ben non, il y a eu des préalables, des innovations, des tentatives, des réussites et des échecs. Petite revue de détail…

Dès l'ORTF des tentatives de décentralisation ont animé les dirigeants des radios publiques : les Radio Vacances (2), les anciennes radio locales regroupées sous la bannière de FR3. Puis à Radio France : Radio Solitude, et les locales de Radio France au-delà des trois expérimentations citées (voir le feuilleton sur ce blog en 24 épisodes).

France Culture
Aucune fumée blanche ne sort de la tour de la Maison de la radio pour ce qui concerne la nomination d'une directrice ou d'un directeur de la chaîne depuis la démission de Sandrine Treiner le 24 janvier. Lors d'un prochain CSE (Comité Social et Économique) de Radio France devraient être présentés les résultats de l'enquête externe - par le cabinet Alcens - qui a permis au personnel (plus de 170 personnes) de témoigner, de faire état de ses conditions de travail et de ses rapports avec la hiérarchie !








L'auto-fusion ou l'effusion à Radio France et France TV
Sans attendre la loi sur une holding ou une fusion des audiovisuels publics "L'objectif affiché de Delphine Ernotte-Cunci et Sibyle Veil, signataires de ce document : "franchir de nouvelles étapes décisives dans le rapprochement de France 3 et France Bleu", écrit le SNJ de Radio France dans un communiqué publié sur son site le 10 février. Ça mange du pain et les deux Pédégères assument la charge de la brigade légère (lourde) qu'elles veulent mener ! Soit pour devancer les futures orientations structurelles de l'État soit, pour tenter de signifier à celui-ci qu'elles peuvent continuer à être autonomes tout en actant à marche forcée une fusion qui ne dirait pas son nom !

Tentons le primesautier Tout va très bien Madame la marquise pour fustiger l'état de délabrement de plusieurs antennes de Radio France et les dangers d'une fusion qui, à terme, verra la dilution de la radiodiffusion dans la télé (air connu) et la compression, en plus du son, des personnels, de la production et des structures immobilières qui les hébergent. Opération Attila conviendrait alors parfaitement pour mener ces basses-œuvres.

Lire mon billet demain sur la radio des années 70 à 90…







(1) Assurément en se rasant, le Pdg Cavada (1999-2005), nostalgique du "bleu horizon", a imaginé en 2001, le Plan Bleu qui a vu disparaître les identités des locales de Radio France, certaines dans le paysage depuis 1980 (Radio Mayenne, Melun FM, Fréquence Nord). Un Bleu qui a fini par bien pâlir !

(2) Opération d'envergure pour décentraliser France Inter dans des stations de vacances de 1960 à 1967. D'abord Biarritz et Canet-Plage, puis Cannes, Saint-Malo, Ajaccio, et Brest… ont profité pendant les deux mois d'été de 17 heures de programmes quotidiens, réalisés sur place et en prise directe avec les régions concernées.

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