vendredi 25 septembre 2026

Nuits magnétiques : Lozère désert… vivant !

C'était l'hiver 89… (1989) ! Dire "l'hiver 89", me fait penser à Giono qui, quelques années auparavant, contait avec son Hussard (sur le toit) l'épidémie de choléra en 1832 qui, en France, fit des ravages. Donc mi-décembre 1989, les "Nuits magnétiques" nous emmènent en Lozère avec Joël Vernet (Producteur) et Christine Robert (Réalisatrice). J'ai déjà un peu écrit sur le sujet, mais là nous disposons à la réécoute d'un épisode (sur 4). "Le jardin où contempler la neige" (1). Et déjà ce titre si évocateur nous invite à faire un saut de puce, sauter une saison pour se mettre dans l'ambiance d'un hiver loin de chez nous, comme dans un autre monde (2).


 


















La rediffusion c'est bien, mais on y perd la temporalité de la présentation par Alain Veinstein des quatre nuits lozériennes. Plus de quatre minutes où, le producteur des "Nuits magnétiques", s'engage dans le sujet et tisse déjà une histoire pour mettre en valeur les équipes qui ont réalisé le doc (3). "La Lozère on en fait presque une personne, on n'en parle pas comme d'un pays, et quand on dit "En Lozère ça va pas marcher" j'ai l'impression qu'on attaque une personne et pas un lieu" dit Jeanine Brager. Je rêve de m'asseoir devant la porte et de regarder que le soir tombe…" Ça vous parle ça, non ? Cette sagesse, cette simplicité, cette douceur de vivre dans un pays rude !

Et puis ça parle de l'hiver, mais pas de l'hiver de carte postale "Mon beau sapin…". L'hiver rigoureux, l'isolement provoqué par la neige, des froids glacials et, de comment femmes et hommes se fondent dans ce climat-là, sans jamais que l'on entende parler d'elles et d'eux (4). Repliés sur leur vie par nécessité et obligation. 

Les carillons des cloches des brebis et des moutons ne sont pas là pour "faire bien dans le décor" elles sont le quotidien de celles et ceux qui veulent bien entendre et mieux encore écouter la vie qui passe. C'est le lot des habitants de ce pays. Un repère. Une présence et sûrement une forte complicité avec la nature. "Ça parle simple et vrai" comme aurait pu dire Giono, même s'il n'était pas de ce pays-là ! "Il y a un côté assez terrible de la nature ici" précise Jeanine Brager. L'eau des ruisseaux qui coulent à bon débit et les cloches du village n'ont pas besoin de commentaires. Et les silences juste entrecoupés des bruits ou des bestioles de la nuit nous imposent d'entrer dans ce pays. À pas lent et sans bruit. Tous les sens en éveil. Contre le vent sonore et persistant.

Ce vent, ces cloches, ces animaux sont en pleine vie comme l'étaient les "Nuits magnétiques". Aujourd'hui, aux heures initiales de diffusion du programme, France Culture a fait le choix de rediffuser une partie du programme du jour. Soit casser la continuité temporelle et bien se moquer qu'auditrices et auditeurs aillent VOIR ailleurs, quand il n'y a rien de frais à écouter à la radio. Le redire encore une fois, s'il existait "Radio Archives" nous pourrions avoir plus facilement accès à ces quatre épisodes, sans qu'il soit nécessaire d'en ajouter d'autres en "collection". Plutôt que d'empiler, il s'agirait d'éditorialiser. Mais ça ni l'Ina, ni Radio France ne veulent en entendre parler, des fois qu'on serait tentés d'écouter la différence…

(1) Épisode 2 : Une vallée noyée, Naussac / 3 : Au fil du temps / 4 : Du mont Lozère on aperçoit le monde, 
(2) Il y a trois semaines Antoine Dhulster consacrait sur France Culture, une nuit à Martin de la Soudière, ethnologue, 
(3) Un gouffre avec le désastre des micros d'intro de Perrine Kervran, coordinatrice pour LSD qui se contentait chaque jour d'un inventaire sans âme qui n'apportait rien au doc, mais qui souvent déflorait le sujet. N'est pas Veinstein qui veut !

(4) Sauf dans Radio Solitude,

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