dimanche 25 octobre 2015

Brunch #8














À l'écoute de mon enregistrement, Hervé a trouvé que je m'étais mis dans le tonneau de Diogène… Mes auditeurs pardonneront cet effet de son ainsi que de n'avoir pas aspiré le "h" de harangue.

• Petit café noir du Costarica double et corsé
Avant de passer un bon moment avec Vincent Josse, Gérard Courchelle, journaliste et homme de radio était passé à la TV, pardon à France Info (Laurent Guimier, patron de la chaîne, va me tirer les oreilles !). Au cours de l'entretien sur France Musique il ne manque pas de dire que la radio filmée c'est pas pareil puisque malgré lui il a dû tenir compte du… filmage. Courchelle est aussi calme que les matins qu'il a voulu animer sur Inter au milieu des années 80 avec Philippe Caloni. En présentant son livre "Les coulisses de la radio" (1) il soulève le tapis de ce qui résiste "à foutre le camp" de l'histoire de la radio et de sa fabrique. Je lis sa somme et vous en reparle bientôt.






(1) Chêne et Radio France, Octobre 2015,

• Citron pressé frappé
François Rollin digère mal d'avoir quitté les ondes de France Inter, supputant qu'il n'aurait l'heur de plaire à Patrick Cohen. À lire ici. Le lien permet d'écouter le sketch qu'il a préféré faire sur la radio publique.

• Coussin pèteur (pas indispensable pour prendre son brunch)
François L'Yvonnet, philosophe, dans une interview au Figaro revient sur le syndrome du rire qui a envahi et monopolise les ondes de la radio et les images de la TV. Intéressant à plus d'un titre. Au premier duquel il faudra se souvenir que d'Arvor, grand inventeur de programmes radio à France Culture (2), a failli nous "fourguer" pour la saison 15/16, Stéphane de Groodt, belge de circonstance, pour venir pimenter (sans doute) ou "esclaffer" les programmes de la chaîne. On notera le sens pointu de l'innovation, l'originalité et le suivisme tendance auquel d'Arvor n'aurait malheureusement pas échappé. 

"Manque de pot" D'Arvor a été limogé par Mathieu Gallet, Pdg de Radio France, avant d'avoir eu le temps de nous faire rire (3) ! D'autre part, les analyses d'Yvonnet montrent comment "tout le monde copie tout le monde" et comment la radio publique s'est mise dans les chaussons de la radio privée. Rire à heure fixe c'est à peu près aussi indigeste que de supporter le gavage des infos. On vous dit ce qui est important, terrifiant, désespérant et après on vous dit de rire. Obligé. Maintenant riez ! Circulez y'a rien à voir aurait dit Coluche !

(2) 2009-2015. Nommé par Jean-Luc Hees, il sera maintenu dans ses fonctions par Gallet jusqu'à son "crime de lèse majesté" en juillet 2015,
(3) On n'a pas perdu au change : à 7h55, heure à laquelle Charline Vanhoenhacker étrille l'actu sur Inter, on a Brice Couturier sur France Culture. Désopilant, ironique, grinçant l'humoriste des faubourgs a enfin trouvé sa place sur la chaîne et rejoint la cohorte des bouffons qui pullulent sur le service public.

• À la carte c'est encore meilleur
La voici la voilà, la radio "à la carte". Enfin elle s'approche à petits pas de la radio publique aux États-Unis. Donc en France quand Radio France aura embauché 40 cadres surpayés on aura peut-être des "chances" de pouvoir bénéficier d'une telle offre. Pour info cette radio du futur n'est absolument pas évoquée dans le C.O.M./S.D.M. (4).

(4) Contrat d'Objectif et de Moyens qui devait être signé avec l'État en décembre 2014 et qui à ce jour n'est toujours pas signé. SDM = Serpent De Mer,















• Le feuilleton Michka #8
"Fais-le de nouveau" et Michka de s'exécuter avec le "Do it again" (1972) de Steely Dan, un genre d'empereur du groove, aussitôt appuyé de la "touche Michka". "Permettez-moi cette confidence, diffuser cette chanson à la radio l'été à une heure de grande écoute était inconsciemment je crois bien une grande ambition de ma vie". Le ton est donné Michka savoure humblement son/notre histoire de la musique et nous fait partager ces "petits riens" qui font tout. Vous apprécierez alors la traduction du nom Steely dan… Puis après Joni Mitchell "In France they kiss on main street" nous aurons le droit… le droit… le droit à… Véronique Sanson ("Alia souza"). Si ! Fûté d'enchaîner avec "Song of love" de Stephen Stills, l'ex de Sanson qui ne lui a pas chanté que des chansons d'amour.



À dimanche prochain… 

lundi 19 octobre 2015

Erner rime avec…

Guillaume Erner… un peu flou





















Transfert
Chose promise chose due ! Je me suis donc appuyé "Les Matins" plusieurs jours consécutifs et ne suis plus sûr du tout d'avoir envie de prolonger l'"expérience". Guillaume Erner, le nouveau matinalier/anchorman de la matinale, s'applique à démontrer que n'importe qui pourrait s'improviser chef d'orchestre d'une longue session d'info. Sachant que pour Erner "passer les plats" pourrait suffire s'ils sont accompagnés d'impros genre "au p'tit bonheur la chance". Dans son cas c'est plutôt "au p'tit bonheur… la malchance". Venant de France Inter, "parachuté" à France Culture serait un sacre, que dis-je LE sacre. Mais là on frise le massacre. Genre "Le massacre des tympans" (1). Or puisque Mathieu Gallet, Pdg de Radio France, serait lui-même à l'origine de ce "transfert" on peut une fois de plus constater : 
1. Que Mathieu Gallet n'y connaît rien à la radio,
2. Qu' animer une matinale ne s'improvise pas au seul titre qu'on ait déjà fait de l'antenne

Treiner
Appelons-en à Sandrine Treiner la directrice de France Culture qui ne manque pas une occasion de se singulariser à défaut de singulariser "sa" chaîne. "Je n’ai pas de doute sur le fait que Guillaume Erner contribuera à développer encore ce rendez-vous. Il vient de France Inter mais il incarne pleinement l’esprit de France Culture, il a son brevet en sciences sociales et aime aussi vagabonder !". (2) On notera l'ironie condescendante du mot "brevet". Qu'on se le dise, pour postuler à Culture il faudra donc un brevet en sciences sociales. Quant au "il vient de France Inter mais…" on voit en quel esprit Treiner tient la chaîne "concurrente". Dans la rubrique "J'enfonce les portes ouvertes et je ne travaille pas chez Lapeyre" c'était le (nouveau) bon mot de la directrice de Culture.

Misère
Lundi 5 octobre, Erner "recevait" Erri de Luca, l'écrivain italien qu'il avait interviewé chez lui le samedi précédent. Rebondissant sur les propos humbles de de Luca à propos de ses maîtres "un cordonnier, un maçon et menuisier", on peut prendre toute la mesure des qualités d'Erner quand il l'apostrophe, en lui disant presque "Et les intellectuels dans tout ça ?". Et là on tombe de l'armoire, on a honte pour lui, on se demande pourquoi de Luca ne lui a pas balancé cash le café dans la tronche. 

Mais surtout cela nous rappelle les questions les plus creuses et les plus pathétiques qu'ex-abrupto Chancel lançait à la figure de ses invités. Le "Et Dieu dans tout ça?" à l'adresse de Georges Marchais en étant bien sûr la quintessence. Erner est ici pitoyable alors qu'Erri de Luca montre et confirme, comme dans ses œuvres, que son parcours littéraire s'appuie aussi sur ses expériences d'ouvrier. Erner-de-France-Culture-au-brevet-en-sciences-sociales semble bien vouloir élever le niveau des "maîtres à penser" de l'écrivain, des fois que ça ne serait pas assez Culture. Rideau ! La tragédie n'a que trop duré.
Erri de Luca photo © Sandrine Treiner















Chimères
Quelques jours plus tard dans une émission sur le pape François, Erner cherchant sûrement à flatter le chroniqueur politique de 7h55 l'annonce ainsi : "Le diacre Brice Couturier…" J'ai alors eu comme l'impression que le diacre goûtait assez mal d'être affublé de ce "sobriquet" inattendu. Jeudi dernier ne renonçant en rien dans l'interpellation du chroniqueur patenté, Erner ose "Notre prière du matin aux Matins, Brice Couturier nous vous devons plus que les Lumières…" Il fallait bien un brevet en sociologie pour réinterpréter avec à-propos le slogan publicitaire d'un producteur d'électricité. Sandrine Treiner a raison, Erner "incarne pleinement l'esprit de France Culture". L'esprit d'ampoule sûrement. Celui qui éclaire les parties sombres de la pensée du matinalier. 

Vénère
Toujours à l'affût de jouer la complicité avec les producteurs de la chaîne, Erner n'hésite pas à l'occasion des "Rendez-vous de l'histoire" de Blois, le 9 octobre, à faire applaudir Emmanuel Laurentin, producteur de "La fabrique de l'histoire", en le présentant avec un "sur vos terres". Laurentin, poitevin d'origine, ne manquera pas de donner une leçon de géographie à l'animateur qui, en bout de gondole, se mélange allègrement les AOC et autres IGP (4). Pathétique Erner ! Triste Erner qu'es-tu venu faire dans cette galère ? À France Inter tu pouvais sûrement enfiler les perles sans que l'auditeur ne s'en offusque. Pour ton "Service public" ce ton légér-léger devait coller. Mais là t'es sur France Culture et pas sûr que t'en aies pris toute la mesure, ni même la quadrature.

Amer
Alors comment ne pas être amer ? Comment ne pas se souvenir de l'excellence et du brio d'un Lebrun qui a tenu la matinale la bagatelle de 13 ans ? Voire d'un Demorand qui lui avait donné un autre souffle ? Pourquoi Erner n'impose-t-il pas à la chaîne de recevoir l'invité en une seule session, plutôt que de la saucissonner en deux ? Pourquoi un invité devrait absolument être inséré entre des tranches d'infos et des piles de chroniques ? Pourquoi Gallet et Schlesinger (5) continuent-ils de faire doublonner l'info sur Culture et Inter ? Pourquoi Culture a t-elle renoncé à la culture (6) ? Pourquoi les sujets des "Matins" sont-ils les copies conformes des sujets traités par toutes les matinales des radios publiques et privées ?

Pourtant on aurait tant aimé qu'Erner rime avec "lumière". N'est-ce pas ce qu'on attend des matins, qu'ils nous sortent de la nuit noire (7) ? Non ?

(1) Pour parodier le titre d'une ancienne émission de France Musique "Le massacre du tympan". Ce massacre Erner nous l'imposa le 29 septembre (132') quand presque en fin d'émission il dit "aujourdh'ui il va t-être question…" comme le relève Nicolas Martin, chroniqueur dans la matinale, 

(2) Le Monde, 25 août 2015 "France Culture a un rôle à jouer dans la société actuelle",
(3) Eh Erner on n'est pas dans une émission de Nagui, ni au théâtre Guignol !
(4) Appellation d'Origine Contrôlée, et Identité Géographique Protégée,
(5) Directeur éditorial pour les 7 chaînes de Radio France,
(6) Et je ne dis rien du très calamiteux déplacement à Lille pour faire s'invectiver3 ténors politiques masculins et 1 seule femme. Où est-elle donc la plus value France Culture qui permettrait des débats au long cours ? Posture sinistrée…

(7) Deux antidotes à cette catastrophe "naturelle", la "Matinale culturelle" de Vincent Josse sur France Musique (7/9h30) et le programme musical de Fip qui ne manque pas d'infos ciblées et concises une fois par heure… Et deux fois à 7h20 et 7h50 et 8h20 et 8h50.

dimanche 18 octobre 2015

Brunch #7




• Mignardises salées/sucrées
Dans un article récent, InaGlobal a passé les matinales radio au tamis de trois questions essentielles : structure des matinales, de quoi parlent-…, quels en sont les invités ? En exergue pour ce qui concerne France Inter les femmes représentent 22% des invités quand les hommes le sont à 78%. Alors bien joli de mettre en avant les femmes journalistes qui interviennent dans le 7/9 de cette chaîne mais il serait qu'elles aussi participent à inverser la tendance des invités masculins trois fois plus présents à l'antenne, non ? Et tant que vous êtes à l'Ina lisez ça.

• Un peu de Bleu (pas de quoi en faire tout un fromage)
Une nouvelle appli pour France Bleu avec un argument choc qui laisse pantois : "pour écouter la matinale de France Bleu Breizh Izel, suivre les conseils des Experts de France Bleu Alsace, cuisiner avant France Bleu Roussillon avant de jouer sur l’antenne de France Bleu Nord… !" Là je me suis pincé, il y aurait donc des Community Managers (+ Erwan Gaucher, délégué au numérique) qui auraient imaginé les auditeurs e France Bleu établissant un programme patchwork avec les 44 stations du réseau ? On rêve non ? Ou alors une telle pratique serait vraiment à la marge et non représentative des auditeurs de France Bleu. Alors pourquoi suggérer cette façon de faire quand dans le même temps on sait que l'auditorat de France Bleu est fidèle à sa radio locale?  Il doit donc il y avoir une intention, mais laquelle ? Mes chers auditeurs, si vous avez des débuts de réponse elles seront les bienvenues.

• Un peu de céréales (avec beaucoup de son dedans)
Thierry Lamireau est un collectionneur de sons et d'émissions radio. Lui-même souvent en situation nous livre ici quelques perles de son que quelques responsables de Radio France feraient bien d'écouter avant de réciter un cathéchisme de l'excellence avec laquelle ils ne sont pas du tout en phase.



• Riz au lait à la vanille et au caramel
Recette easy. Vous prenez deux bonnes heures de Martin Scorsese. Vous y ajoutez la verve rock de Michka Assayas. Vous saupoudrez du talent de Laurent Valero et Thierry Jousse et vous dégusterez sur France Musique l'Easy Tempo d'hier, indispensable à nos samedis d'automne (1).

(1) Dans Le Monde daté 18-19 octobre 2015 (édition abonnés), une interview de Marc Voinchet, directeur de la chaîne : "Nous sommes assis sur un tas d'or d'archives que l'on pourrait davantage exploiter. Créer par exemple des webradios consacrées à chacune des formations musicales. Ces trésors sont une vraie chance pour la chaîne."

















• Le feuilleton Michka #7
Pour nous euphoriser Michka démarre avec "Once in a lifetime" des Talking Heads et enchaîne avec le bombardier B-52's pour sa "Planete claire" sans avoir manqué de faire un crochet par la petite guéguerre des journaux "Rock&Folk" et "Actuel" qui se disputaient qui la nouvelle modernité (Actuel), qui les "valeurs établies" du rock. Et Michka de dézinguer en son temps Talking Heads ne supportant pas la nouvelle posture d'Actuel (ex-underground). Avec son talent il mélange sa programmation de toutes les influences de toutes les musiques et insère subtilement Gossip et Lizzy Mercier-Descloux. Le "Fire" de cette dernière va changer la physionomie de votre dimanche et je ne dis rien du morceau enfièvré de Kid Créole and the Coconuts "Annie, I'm not your daddy".



À dimanche prochain…

lundi 12 octobre 2015

Meccanica spaventosa… (affreuse mécanique)

Je trouvais que l'italien sonnait bien pour essayer de rendre compte de l'évolution des matinales de la radio publique et de l'enfermement qu'elles imposent. Désolé pour la longueur du propos mais assez difficile de faire plus court.
Hamelin ©Roger Picard - Radio France



















Préambule
Tout le monde aura oublié qu'au début des années 70 Roland Dhordain (directeur de la radio au sein de l'Ortf) confiait à Daniel Hamelin, ex-pompier de la Maison ronde, le soin de faire prendre "la sauce" entre les différentes rubriques d'infos de la matinale de France Inter (1). En ce temps-là les saltimbanques servaient à quelque chose et les journalistes s'en accommodaient fort bien. "Passer les plats" c'était sale et subalterne. Mais tout ça c'était "avant le drame". Le drame du passage de la radio des créateurs, artistes, poètes, acteurs, saltimbanques, à la radio des journalistes. Alain Veinstein dans son livre "Radio Sauvage" décrit fort bien le phénomène. Et tout d'un coup "passer les plats" devenait important si, en plus, le "passeur" prenait le titre anglo-saxon d'anchorman (homme ancre). Et le/la journaliste pouvait alors briller en pleine lumière médiatique (Ockrent, Sinclair, Paoli, Demorand, Cohen,…).

Si l'on prend le cas de France Culture remontons au milieu des années 70. "Matinales" (7/8) est animée en duo (Claude Dupont, Jacques Fayet), en trio (+ Laurence Bloch), en trio encore (Claude Risac, Annie Daubenton, Philippe Royer), puis devient "Culture Matin" (7/8h15) et sera animée en solo (Claude Risac), puis de 1987 à 1999 par… Jean Lebrun. Tous ces animateurs ne sont pas des journalistes patentés. Jean Lebrun non plus.

La culture est très présente et les infos ne dépassent jamais 17 minutes (2). En 1999 Laure Adler directrice de la chaîne bouleverse la physionomie de la chaîne. En 2002, elle imposera Nicolas Demorand avec "Les matins", 2h d'antenne (7/9) et l'info sera renforcée pour ne pas dire sur-multipliée. Depuis, Marc Voinchet a animé six années consécutives cette tranche horaire qui s'est vu gratifiée d'une demi-heure supplémentaire (6h30/9h) et d'une armée mexicaine de chroniquailleurs et autres éditorialistes engagés et politiquement marqués (Slama, Adler, Couturier,…).

Marc Voinchet ex-anchorman à France Culture
© Abramowitz/radio France
















En face sur Inter c'est la même chose en plus speed, et plus "tranché" (3). Sur Mouv' le leit-motiv c'est lanver (4). Sur France Musique une matinale 100% culturelle qui à la rentrée 2014 avait innové en se décalant de 8 à 10. À la demande du nouveau directeur Marc Voinchet, France Musique s'est mise en concurrence frontale (7/9) avec les autres matinales des chaînes du groupe public. Voilà un état des lieux très sommaire mais qui appelle une question de fond :

Mais qui donc a décidé (et quand ?) que les auditeurs devaient être gavés d'infos le matin et en fin de journée à partir de 18h ?
Première réponse : la bagnole. Toutes les études le confirment le temps passé en voiture aux heures de pointe (6/9 et 18/20) favorise l'écoute radio. Et "auditeurs puisqu'on vous tient on va pas vous lâcher comme ça". Les directeurs de rédaction et les journalistes se sont donc engouffrés dans cet eldorado de "cerveaux disponibles", se sont copiés allègrement entre eux (et copié la concurrence privée) en empilant les rubriques jusqu'à saturation. Pour dédramatiser l'affaire ils ont fait appel à guignols, trublions, humeuristes et autres petits rigolos pour détendre l'atmosphère entre deux catastrophes, trois renoncements politiques, quatre scandales, et cinq faits divers bien croustillants.


Publicité Phillips via Le Transistor





















A-t-on demandé à l'auditeur s'il ne souhaitait pas vouloir disposer avec les sept chaînes du service public d'une chaine "sans info" ? Bien sûr que non ! Les journalistes ont fait le forcing et sur-multiplié leurs interventions sur les chaînes thématiques comme France Culture et France Musique, avec la bénédiction des directeurs de chaîne qui n'avaient plus à inventer des programmes à confier à des saltimbanques (5). 

Gallet (Pdg de Radio France) a eu beau ânonner que les matinales des chaines de Radio France doivent se distinguer, rien n'est fait pour que celles de Culture et d'Inter se singularisent (6). Les tutelles (Culture, Finances), la représentation nationale (députés et sénateurs), le CSA vont-ils longtemps tolérer cette "gabegie" et cette surmultiplication des programmes d'infos ? Il n'y a aucune justification au fait que France Culture ait fait évoluer son offre de programmes vers une densification de l'info, alors qu'Inter et France Info répondent aux besoins des auditeurs d'être informés.

















France Info, la chaîne de l'info…
Tous les auditeurs du service public le savent. France Info, chaîne thématique, peut à tout moment du jour et de la nuit donner les "dernières" et… les "autres infos" pour que celles et ceux qui n'auraient pas eu leur dose dans les programmes des chaînes généralistes, puissent y trouver ce qu'ils cherchent. Je l'ai dit en présentant les programmes de cette chaîne, à partir de cette année quand j'ai besoin d'infos je vais sur France Info, refusant de subir la tyrannie du gavage que m'imposent Inter et Culture dans les matinales mais aussi dans les autres sessions d'infos (18/20 Inter, 18/19 Culture).

Si les projets d'une "BBC à la française" ou d'un "France Médias" (too much) voyaient le jour souhaitons absolument que les temps d'infos soient redistribués sur les chaînes de radio. France Info mérite de se développer et d'arroser l'ensemble du territoire français. Inter doit poursuivre sa mission de généraliste. Culture revenir à la culture, sans info (7). Et Musique à la musique, sans info. Quant au Mouv' qu'il continue donc à donner les "infos en verlan" des fois que les "jeunes urbains" aient le temps de traduire en simultané (8).

Philippe Caloni















Pour conclure 
J'ai écouté pendant trois ans et demi consécutifs la matinale (6/9) de Courchelle et Caloni sur Inter (1984/1987). Elle avait du charme, de l'élégance et de la tenue. Les deux compères tenaient le rythme sans "hacher" ni "empiler". La fluidité nous donnait envie d'y revenir chaque jour jusqu'à ce qu'Eve Ruggieri le 4 janvier 1988 prenne les rênes de la matinale et tienne… trois jours. Louis Bozon la remplacera "au pied levé". Mais jamais personne n'a remplacé Caloni et Courchelle. Jamais.

Ça c'était en 68, les rateaux TV remplacés
par les rateaux "Croix de Lorraine"






















(1) Saison 1970/1971 : En cinq-sept (5/7), Daniel Hamelin. Musique douche (7/9), Louis Bozon,
(2) 2' à 7h, 10' à 7h30 et 5' à 8h,
(3) Les tranches de 7/9 s'empilent entre journaux, chroniques, chanson, humour, interviews politiques. Et avant il y a eu un… 5/7, des fois que l'auditeur soit en manque, auquel il faudra ajouter les 12' du journal de 9h. Fermez le ban !
(4) Ben oui verlan à l'envers…

(5) Quand Jean-Marc Four, directeur de la rédaction d'Inter fait tout pour placer "ses" journalistes pour animer le plus possible d'émissions sur la grille comme il s'était employé à le faire quand il était directeur de la rédaction à France Culture,

(6) L'invité bénéficie sur Culture de 40' et sur Inter de 20'. D'Arvor "limogé" on a échappé à Stéphane de Groodt qui devait venir rigoler dans la matinale. À la place on a le roi du stand-up idéologique "Brice Couturier"… Trop d'la boule !
(7) Dans un prochain Brunch mon point de vue sur "Les Matins d'Erner",
(8) Je n'écoute pas France Bleu, je n'en parle pas.

dimanche 11 octobre 2015

Brunch #6

















• Petites madeleines au sel de Guérande
On commencera par une petite madeleine. Il arrive à Sonia Devillers, fraîche et pétillante productrice de France Inter, de jouer du lapsus et celui qu'elle a prononcé le 29 septembre (1) est absolument réjouissant. Vous prenez son invité Pascal Nègre, vous prenez une ex-star d'Inter, Pascal Clark, et Devillers d'inventer Pascal Claq… (Et Pascal Nègre qui ne manque pas d'humour croit entendre Pascal… Black). Comme ça parlait musique on se dit que les deux heures de D.J. Clark ont du profondément marquer les esprits. Fermez le ban. On a bien ri.

(1) L'instant M, France Inter, du lundi au vendredi, 9h40. Sujet du jour "Chanson française : l'État doit-il choisir vos tubes radio"

• Jus de citron (acide) 
Mon p'tit camarade Hervé Marchais qui anime le blog "Le transistor" s'inquiète que mon allergie chronique à certaines figures de proue de la radio deviennent dans ce brunch des gimmicks récurrents. Rassure-toi Hervé je ne raconterai pas comment une journaliste de la presse pipole culturelle avait autrefois été jusqu'à regretter que pour telle collection sur une grande chanteuse française ce ne fût pas ce producteur de radio prétentieux auto-promu spécialiste qui fût choisi. Manquait pas d'aplomb la drôlesse ! À peu près aussi légitime à parler radio que Brice Couturier des Beatles, de la Camorra ou des baraques à frites du Nord. Circulez y'a rien à voir !

• Vers l'île (flottante)
En Bretagne grâce à notre cinémathèque, grâce à des associations comme "Daoulagad Breizh" et autrefois à des circuits de cinéma itinérants, il y a longtemps que nous avons pu voir le bouleversant film de Robert Flaherty "Man of Aran" (L'homme d'Aran, 1934). Jean-Guy Coulange a pris le vent de l'île celte et produit pour la RTS (Radio Télévision Suisse) un documentaire que vous pourrez réécouter ici.

• Œufs au bacon
Stephanie Lacombe s'est intéressée d'un point de vue photographique à la façon dont les gens sont en situation pour écouter la radio. C'est tellement plus original, vivant, et surprenant que les attitudes figées et pathétiques des téléspectateurs.

• Vol au vent
On est sans nouvelles du COM de Radio France, du projet de loi Balkany de privatisation de l'audiovisuel public, des discussions Radio France/France TV pour ce qui concerne la chaîne info, et comme le chantait Michel Delpech (Inventaire 66) "et toujours le même Président". La chute de la chanson m'imposait de la poster ci-dessous… et je pense que Nanou va la fredonner toute la journée (2).

(2) Nanou écrit des commentaires après avoir pris, le dimanche ou le lundi, son brunch radio…



• La grosse farce (ça c'est plutôt pour la dinde de midi)
Le médiateur de Radio France veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes et fait tout ce qu'il peut pour nous vendre la pub indigeste. La pilule passe mal.

• Le feuilleton Michka #6




















Pour débuter sa deuxième semaine Michka Assayas grooooove. Et, contrairement à ce qu'on pourrait penser, Dr John au petit déjeuner ça colle bien en été. Surtout que là, le prince vaudou de la Nouvelle-Orléans est absolument groovy et on ne tarde pas à monter sur la table. Je l'ai déjà écrit, les papes du saucissonage radio ont été obligés de revoir toutes leurs théories sur les "heures avec et les heures sans" car Michka a su tout faire passer bien après l'heure du laitier et bien avant l'heure de la "night"… Il remet "tendance" Little feat 40 ans après leur "Down below the borderline".

Et comme on est pas descendu de la table on se déhanche grave avec les Bee gees. Et oui le Michka aime aussi les frères Gibbs… et pondère tous les stéréotypes en vigueur sur le groupe enfiévré. Et quand enfin vous entendrez "Yellow moon" (Neville brothers) vous vous souviendrez que c'est Julien Delli Fiori qui nous le fit découvrir sur France inter en 1989 (3).

(3) Night and day, 16H/17h, avec Sylvie Coulomb,
À dimanche prochain…

lundi 5 octobre 2015

Matinales : machines infernales…

Erner vs Josse ?



















"On" me conseille d'écouter sur France Culture la matinale de Guillaume Erner après avoir reçu des avis qui ne ménagent pas l'ex-homme de "Service public" sur France Inter. Je vais donc m'astreindre, oui m'astreindre, à l'écouter une semaine durant pour "voir" de quoi il retourne. Et vous en reparlerai prochainement. J'ai commencé ma "cure" ce matin et ai déjà été très surpris qu'aux sujets tendance, marronniers flétris et autres effets de breaking news, Guillaume Erner ait pris le temps de rencontrer Erri de Luca chez lui en Italie. Diantre un sujet "culturel" dans une matinale de France Culture, et un lundi de surcroit, alors que le sud-est méditerranéen a été dévasté et que tombait sous le sens le gros sujet bien téléguidé genre "L'homme peut-il résister à l'écologie à défaut de résister à la nature ?", on frise avec cet entretien, l'exception, pour ne pas dire l'exceptionnel.

N'oublions jamais que le coup de pied de l'âne de Marie-Pierre de Surville qui, sur France Musique, à la rentrée 2014 avait inventé avec Vincent Josse "La matinale culturelle", n'a peut-être pas complètement été digéré par la chaîne culturelle que M. d'Arvor voulait enfermer dans le "monde" et "l'info". Assiste-t-on à un effet "pantomime" où petit à petit France Culture tenterait de reprendre la main sur la culture ? Assez peu probable quand on sait que la directrice actuelle, Sandrine Treiner, a en son temps validé le poids de plus en plus important qu'a pris l'info sur une chaîne thématique. Marc Voinchet, directeur de France Musique, et ex-anchorman de la matinale de France Culture doit rire sous cape. Plusieurs de ses affiocionados sont partis sur "sa" chaîne  et avec la même conviction que lorsqu'ils l'écoutaient sur Culture incitent les followers de leurs réseaux sociaux respectifs à écouter chaque jour Vincent Josse et plus si affinités. 

Quant aux autres matinales du service public ou des radios privées elles usent toujours des mêmes ficelles, de la tyrannie insupportable de l'horloge et du contrôle mental des auditeurs. Là réfléchissez, là souriez, là partagez et là éclatez de rire parce qu'àprès toute la misère qu'on vient de noyer dans le bol de votre petit déjeuner vous avez bien mérité de vous détendre. Merci les donneurs de leçons, de morale et de façon de penser. Le conditionnement est à son paroxisme et ce qui pouvait faire la différence comme France Culture ne le fait plus, la chaîne s'étant rangée dans la facilité de la mécanique de l'empilement et de la "chroniquaille". Chroniquaille comme charcutaille, pas moins.

Allez je prends ma dose d'iode, de brise marine et de soleil voilé et je reviens vers vous lundi prochain. Bonne semaine.

dimanche 4 octobre 2015

Brunch #5


























• Jambons blancs, jambons noirs
Sur l'affiche ci-dessus qui sert la promotion du nouvel "Ina Premium" ne nous saute pas aux yeux que ce "J'aime le culte" concerne (aussi) la radio. Excepté "Le tribunal des flagrants délires" (1), rien ne nous dit qu'un tiers des documents audiovisuels disponibles à l'abonnement sont des documents audio. Les journalistes qui ont relayé la création de ce nouveau service de l'Ina ne le précisent pas non plus. Comme quoi l'image de l'Ina est d'abord une image liée à la Télévision et que la communication de l'Institut fait la part belle à ce média. J'insiste une nouvelle fois pour dire que la radio est à la remorque de la TV alors qu'historiquement la radio mérite qu'on sorte des tiroirs (ou des armoires) ses riches archives audio. Je me plonge sur le site et vous en reparle dans quelques temps.

(1) Qui a eu une courte carrière en TV,

• Clafoutis de cerises noires basques au Patxaran
OK Corral ? De la petite bière… belge. La corpo des journalistes, sensible par-dessus tout à la déontologie, et définitive donneuse de leçons (cf Clark/Cohen en mars sur Inter) du matin au soir, règle ses comptes par médias interposés dans une perpétuelle tragi-comédie. Maïtena Biraben essuie les plâtres d'une formule "rescapée" du Grand Journal (le show et froid de la télé cryptée), et la profession (les professionnels of course) de la vautrer dans la fange. Charline Vanhoenacker l'"assassine" dans une de ses chroniques matinales de France Inter jusqu'à la traiter de "domestique". On relèvera le niveau de la confraternité ! 

Si l'on ajoute que Fabrice Arfi a été déprogrammé de ce Grand Journal particulièrement parce qu'un chapitre de son livre traite de Vincent Bolloré, le nouveau taulier de Canal +, Biraben de se voir renvoyée dans les cordes de l'allégeance. Invitée de Sonia Devillers le 1er octobre, blessée par les saillies de Vanhoenacker, Biraben clôt l'émission avec des banderilles au vitriol. L'auto-observation permanente des médias par les médias est un nouvel avatar de la société du spectacle dont on aurait aimé que Guy Debord rédige les bonnes feuilles (et les autres).



• Sucres lents (très lents)
Deux sénateurs, André Gattolin et Jean-Pierre Leleux, ont rédigé un rapport pour imaginer un "Office" qui coifferait l'ensemble de l'audiovisuel public. France Médias serait le nom choisi. Le 14 septembre, Franck Riester, dans un interview au Figaro faisait part de son souhait de créer une "BBC à la française". Ce qui peut inquiéter c'est : "à la française" ou le risque d'une usine à gaz ingérable et incontrôlable. Mais qu'arrive t-il donc à la représentation nationale ? 40 ans après le putch de Giscard, Président libéral, qui vit l'explosion de l''ORTF (Office de Radio et Télévision Française) en 7 sociétés distinctes, voilà que "Le rapport Schwartz", best-seller du printemps, a du frapper les esprits au point que les parlementaires ont trouvé un "os à ronger" ou un "hochet" à secouer jusqu'aux présidentielles… Après tout sera oublié jusqu'au prochain rapport Schwartz.
















• Le feuilleton Michka #5
L'art du Petit Prince de la pop c'est de nous faire entrer dans le sujet de son cinquième épisode de "Very Good trip" sans se perdre en conjectures (1). "Good vibrations" des Beach boys et nous voilà partis à l'automne 66 quand l'Angleterre, les Etats-Unis et timidement la France s'engagent dans la contre-culture, onde de choc planétaire. Michka Assayas nous détaille les conditions exceptionnelles de la création du morceau (2) et nous entraîne dans son trip. À l'époque tout ça n'avait, pour les adolescents que nous étions, aucune importance. Nous étions juste avides de découvertes, persuadés que la musique, à sa façon, allait aussi prendre part à l'explosion de la gangue qui muselait la société. 


(1) L'exact contraire de celui qui se met en avant, en fait des tonnes pour nous dire qu'il a "inventé" tel chanteur/groupe quand il est payé pour le faire. Toute ressemblance avec le directeur de la musique de la chaîne ne serait pas fortuite, 
(2) Un peu comme Jean-Christophe Averty sans pour autant nous donner le n° de matrice de l'enregistrement du 33 tours, un vrai scandale ;-)
À dimanche prochain…