lundi 7 septembre 2015

Tout info ou tout-tout info…

Rien à faire la TV sera tjrs au-dessus de la radio

























D'Arvor qui pensait avoir inventé - rien moins - que le monde à France Culture (1) n'aura pas eu le génie d'inventer le "tout culture". Et se sera engouffré dans une façon de radio généraliste avec de l'info matin (lourde), midi (bourrative) et soir (indigeste), puis un peu encore en fin de matinée (en-cas), un peu encore en fin d'après-midi (surcharge pondérale), et un peu plus le vendredi (overdose). Comme l'avait insufflé Jean-Marc Four (2) il s'agit "de rapprocher les programmes de l'info" ! La belle affaire. Four voulait dire : l'intégralité de l'antenne aux journalistes et out les saltimbanques. Méthode qu'il applique scrupuleusement à France Inter.

Donc d'Arvor n'a eu aucune vision culturelle et sa remplaçante veut que "France Culture a[it] un rôle à jouer dans la société actuelle". Un rôle d'information ? Il va être temps de dire à Treiner que Delphine Ernotte et Mathieu Gallet se préparent à créer la chaine info et qu'il va falloir grave relooker la matinale de Culture qui risque de ne pas supporter la concurrence de France Info. Ce n'est bien sûr pas Treiner, en "intérim déguisé", qui changera quoi que ce soit aux programmes qu'elle a participé à établir. Reviendra sans doute le temps des Jaigu, des Borzeix (3) qui sauront mettre derrière l'étendard de Culture, de la culture. On peut rêver !

En attendant, où l'on voit le début de la refondation de l'Ortf (Office de Radio et Télévision Française). Communiqué de Radio France : "Delphine Ernotte Cunci, PDG de France Télévisions, et Mathieu Gallet, PDG de Radio France, se sont accordés pour travailler ensemble sur le projet d’une chaîne d’information en continu, commune à France Télévisions et à Radio France. A cette fin, un comité de pilotage sera constitué sous leur présidence. Le projet sera confié à Germain Dagognet, Directeur délégué à l’information de France Télévisions, et Laurent Guimier, Directeur de France Info. Delphine Ernotte Cunci et Mathieu Gallet sont ouverts et désireux d’associer les autres acteurs de l’audiovisuel public au projet de chaîne d’information en continu."

Bon l'enjeu est de taille. Pour autant Ernotte a déclaré en préalable du communiqué : "Je n’ai besoin de l’autorisation de personne pour lancer une chaîne d’information sur le numérique." (4) Mais gaffe la radio ne doit pas être absorbée "corps et âme" par la pieuvre France Télévisions. Pour autant ce rapprochement pourrait en préfigurer d'autres. Allez on y va ! France Bleu et France 3 (5). Là on souhaite vraiment que Giscard (Président-accordéon, 1974-1981), fossoyeur de l'Ortf, soit encore de ce monde pour avaler en public son chapeau, machonner la loi de dissolution de l'Ortf (1974) et celle qui crée Radio France. Voilà pourquoi il va falloir aller regarder derrière l'écran (de fumée) de TV pour voir ce qui se trame. Et voir comment les tutelles et l'Élysée vont arbitrer la partie (fine) qui vient de démarrer. Cela dépasse et de loin la chaîne info. Pas sûr que le Grand Mamamouchi de Hollande ait le début du commencement du tracé du cap à suivre, emberlificoté qu'il est avec ses ciseaux à tailler des croupières aux Régions.

22h30 : la lettre ouverte du SNJ à Laurent Guimier, directeur de France Info,

(1) Le Pan d'Arvorisme saupoudré de Poivre à la mode Olivier. Autant dire une idée hégémonique de la culture francophone à mouliner 24/24 sur les ondes de "sa" France Culture,
(2) L'ex-directeur de la rédaction de Fc et celui d'Inter aujourd'hui,
(3) Jaigu Yves, directeur 1975-1984, Borzeix Jean-Marie 1984-1997,
(4) Laissant entendre que puisque cette chaîne serait sans pub elle n'aurait pas besoin de l'autorisation du Csa ?
(5) Genre "France 3 c'est aussi la radio",

dimanche 6 septembre 2015

Brunch #1

via le compte Twitter d'Aurélie Charron (productrice à France Culture)

Jus de pamplemousse
J'imaginais être un exercice difficile celui d'animer une émission de 18' pour parler média et donner la parole à un invité "spécialiste" ou "expert". Ce temps "court" Sonia Devillers, productrice à France Inter, s'en est affranchie pour produire "L'instant M" (1). Elle a eu beau dès la rentrée 2014 citer Morandini (2) elle a su très vite trouver le ton pour parler média sans nous rouler dans la fange pipole dans laquelle se complet le camelot d'Europe 1.

L'instant M un peu fourre-tout à ses débuts a vite trouvé ses marques et son tempo. Sonia Devillers a su doser, canaliser, cadencer l'info média. Ce avec légèreté, sourire et décontraction (à l'antenne une certaine décontraction, en vrai ça doit être un peu plus tendu que ça !). L'émission est fluide, solide et très agréable à écouter. Sonia bosse et maîtrise ses sujets et prend un véritable plaisir à en parler à l'antenne. Ça s'entend et l'auditeur entre dans sa danse ! Elle met en valeur ses invités sans se mettre en avant en y ajoutant une bonne touche d'humanité quand elle est en empathie avec eux (voir ci-dessous). C'est devenu pour moi un rendez-vous incontournable et mieux… incontourné.



(1) Du lundi au vendredi, 9h40, 
(2) Bateleur des bateleurs, vendeur de people, buzz, et autres fariboles médiatiques dans l'air du temps,

Thé noir (Darjeeling)
À peine nommée directrice de France Culture Sandrine Treiner a cru bon monter sur l'Olympe pour déclarer (sans rire) : "France Culture a un rôle à jouer dans la société actuelle" (3). On notera la suffisance. Doit-on considérer que depuis 52 ans France Culture est sur une autre planète ? Des filles comme de Gouges, de Beauvoir ou Duras, des gars comme Platon, Sénèque ou Lévi-Strauss quand ils venaient causer dans le poste ils y mettaient du fond. Treiner a choisi elle "d'enfoncer les portes ouvertes", c'est plus facile. Quant à sa "nomination" on peut largement penser qu'elle est intervenue par défaut 45 jours après le "limogeage" de d'Arvor l'ex-directeur de la chaîne. Ne serait-ce pas un intérim déguisé ? Guettons le moment où Treiner aura elle-même "un rôle à jouer dans la société actuelle" !

(3) lemonde.fr, 25 août 2015,










Œufs brouillés
Dès début juillet on a subi une tempête médiatique dont les experts médias sont formels : on a frôlé le tsunami. "Les guignols de l'info" (Canal +) allaient rejoindre les accessoires TV et surtout quitter la case en clair qu'ils occupaient depuis 28 ans sur la chaîne cryptée. Sonnez hautbois, résonnez musettes, c'est tout juste si le Président (de la République) n'a pas convoqué sur le champ (de mimes) un conseil de sécurité. De quoi s'agit-il ? Vincent Bolloré, Grand Timonier parmi les Grands Timoniers des médias, a décidé de faire le ménage dans la crèmerie dont il est "propriétaire" et de mettre en vitrine d'autres marionnettes. C'est son droit et il en use. Qui l'a dit ? Les ficelles des "Guignols" étaient un peu usées et les ressorts du rire un peu rouillés.

Tout le monde a oublié qu'en 1966 une autre tempête avait fait souffler le vent du boulet à Radio-Luxembourg. Jean Prouvost, Grand Timonier de la laine à Roubaix et "repreneur" de médias vient d'être nommé administrateur de la CLT (Compagnie Luxembourgeoise de Télévision) et à ce titre va diriger la radio qui depuis 33 ans émet en France depuis le Luxembourg. Tout en changeant le nom de la station qui deviendra RTL, il nomme Jean Farran, journaliste, comme directeur des programmes. Première "mesure" Farran vire tous les feuilletons de la chaîne dont le présumé indéboulonnable "La famille Duraton" (4).

En ces temps reculés pour ne pas dire préhistoriques, à 20h chaque soir, les Français cessent toute activité, s'immobilisent devant leur poste TSF et écoutent religieusement (et avec dévotion) les aventures d'une famille franco-française se démêlant gentiment avec la vie quotidienne au réel de la vie quotidienne des Français. La presse a bien du s'émouvoir, le clergé regretter cette liturgie, rien n'y a fait, Farran a tranché et RTL de caracoler depuis en tête des audiences ou presque. Las, les Duraton, les Guignols resteront au patrimoine audiovisuel comme le camembert et le kil de rouge au patrimoine alimentaire… Et vogue la galère.

(4) Créée à l'origine en 1937 sur Radio-Cité. (Tiens voilà que ça me vient, aujourd'hui on aurait appelé ce feuilleton "La famille durera-t-on"),




Marmelade
Sans doute effet immédiat des orientations de la nouvelle direction de France Culture l'émission "Les ateliers de la nuit" s'appelleront désormais "Creation on air". On pouffe d'abord. On rit jaune ensuite. C'est quoi cette marmelade à la sauce angliche ? Ce COA là serait plus tendance que la belle idée "collective" des Ateliers de la nuit, partagés, développés et produits dans un esprit de manufacture ? Allons donc, c'est une blague ou la définitive "Défaite de la pensée" comme le scandait Finkielkraut il y a déjà 28 ans (Gallimard) ? Je suggère immédiatement à Treiner de rebaptiser la matinale "Cnews" que l'on traduira par "Culture news" of course… (5) Où l'on voit immédiatement l'association possible avec l'ex-chaîne iTélé. De quoi ôter une épine du pied à Mathieu Gallet (Pdg de Radio France) ! Une chaîne en moins à Radio France et le PDV (Plan de Départ Volontaire) pourrait être évité ! Comme quoi maîtriser les langues ça peut rapporter gros !

(5) Cnews est le nouveau nom d'Itélé la chaine info de la TNT appartenant à Bolloré.
















Le feuilleton Michka (#1)
Au mois d'août à 10h du matin sur France Inter Michka Assayas a enfilé les perles du rock et de la pop (Very good trip). Pendant 20 semaines je reviendrai sur chacun des épisodes pour mettre en exergue une ou deux anecdotes et/ou une ou deux chansons. Michka ouvre le bal avec "Strawberry field forever" écrite par John Lennon et interprété par le quatuor de Liverpool. Michka, véritable Jean-Christophe Averty de la pop, raconte, détaille la fabrique d'une chanson. Le détail technique "bricolage de génie" utilisé par George Martin (le 5ème Beatles) pour cette chanson est savoureux et nous incite à ne plus jamais écouter la musique comme un ronron.
(À suivre)


Allez bon dimanche et à demain 8h30 pour le billet hebdo…

lundi 31 août 2015

Nouvelles grilles : 3. France Musique, 4. France Culture, 5.…

Dessin ©Marine Vandeville 













Préambule
Un billet hebdomadaire même concis/précis sera plus long qu'un billet quotidien. Vous pouvez toujours faire durer le plaisir en y revenant plusieurs jours de suite… Et puis j'ai décidé d'infiltrer de temps en temps ma petite bestiole préférée dans la rédaction de ces billets… "T'en connais beaucoup de filles à Radio France qu'ont un raton-laveur en guise de chapeau ?"

3. France Musique
Rentré de vacances, bronzé et détendu, Marc Voinchet, le nouveau Directeur de la chaîne assure et assume ses nouvelles fonctions. Galant et délicat il envoie des fleurs à Marie-Pierre de Surville (1) puis se prend au jeu de la présentation d'une grille qu'il n'a pas fabriqué de ses petites mains agiles (lol)… Si Voinchet est cool, Esparza, Munera, Kerschova & Josse semblent tendus. Alex Dutilh plutôt jazz jovial. La grève a laissé des plumes à France Musique et l'humeur n'est pas à la joie.

Josse démarre sa matinale à 7h… comme les autres. Pourtant le décalage à 8h était décentré et pertinent. Valero et Jousse reviennent pour deux heures hebdomadaires le samedi (17/19). Label Pop le dimanche (20h30) pour une heure… et, nouveauté, Banzzaï avec les deux "z" de jazz par Nathalie Piolé (dimanche 10h). Il faudra écouter pour se remettre dans la (nouvelle) grille. Grille qui l'an passé avait fait le pari de "déconcentrer" la musique classique. Où l'on reparle de web-radio pour France Musique à la suite de Fip précurseur.



(1) "Partie" dans une mission de création de cette fameuse " Maison de la radio", coquille qui devra organiser et animer la pénétration dans l'air radiophonique du public sollicité pour se déplacer au 116 avenue du Président Kennedy,

















4. France Culture
À peine nommée à la tête de France Culture où elle assurait les fonctions de Directrice éditoriale, Sandrine Treiner est montée sur l'Olympe et a déclaré tout de go : "France Culture a un rôle à jouer dans la société actuelle". Avant y'avait des filles comme de Gouges ou Simone de Beauvoir, des gars comme Sénèque, Platon voir Lao Tseu quand ils causaient dans le poste ils mettaient un peu de profondeur, Treiner a choisi la méthode  "J'enfonce les portes ouvertes" (2).

Trop excitant comme projet éditorial non ?  Des fois que depuis cinquante-deux ans France Culture soit complètement passée à côté de la société ! Revenons d'abord sur cette nomination "surprise" qui n'a eu aucun effet sur les résosocio et pas plus sur les cours de la bourse de Pékin. Quand le 10 juillet d'Arvor fait le tour (du monde) des rédactions pour annoncer qu'il a été limogé, Treiner peut peut-être imaginer son heure venue. Treiner oui, Gallet (le Pdg de Radio France) sûrement pas. La machine "Roux & Combaluzier" se met en marche et les renvois d'ascenseurs s'affolent. Sauf que 45 jours après, la solution "Treiner" apparaît comme… un intérim déguisé. Un non-choix ! Sinon pourquoi avoir attendu si longtemps hein (3) ? Guettons ce qui procédera au départ soudain de Treiner des fois qu'elle aurait elle aussi un "rôle à jouer dans la société actuelle". (4)

(2) Sauf qu'à la Maison de la radio elles sont souvent fermées,
(3) Malgré  sa harrangue d'Arvor n'est pas venu au 105 présenter "sa" grille de rentrée, fanfaron va !
(4) À part Erner (nommé par Gallet) pour remplacer Marc Voinchet à la matinale, la "nouveauté" s'appelle "Ping Pong" avec un sous-titre ronflant "La culture sans limite" (sic) pour remplacer Goumarre-parti-sur-Inter-remplacer-Clark-irremplaçable-D.J.-irremplacée… À Culture ils ont besoin d'être redondants au point d'ajouter le mot culture dans leurs titres des fois qu'on se croirait sur une chaîne info…

5. France Inter


6. France Bleu
Pour France Bleu ça a très mal commencé puisque ni les M.C. (Vanhoenacker ou Vandel) ni Claude Esclatine directeur de la chaîne lui-même, n'ont jugé utile de le/se présenter ! Triste, baissant la tête sur son papier, je ne suis pas sûr qu'Esclatine se rendait compte qu'il s'adressait à la presse. Passant la parole à Erwan (!) Esclatine oublie juste que Gaucher n'est pas encore connu comme le loup blanc ou bleu, c'est selon. Ses deux autres acolytes ne feront pas mieux. Et depuis le départ d'Anne Brucy, Bleu a beaucoup de mal à mettre les femmes en avant. Quant à la couleur du logo dont on nous dit qu'il passe au turquoise encore eut-il fallût qu'on le visse ? Show raté, absence totale d'âme et d'enthousiasme. Stimulant pour les personnels de France Bleu n'est-il pas ?

7. Mouv'
OK Bruno Laforestrie (directeur de la chaîne) est sincère, les animateurs motivés, le pianiste bon joueur mais cela suffit-il à faire une radio ? Même si personne ne l'a rappelé à Gallet, des 18 mois accordés par le Pdg à la radio jeunes pour s'installer il ne reste plus à Mouv' que 10 mois. Je ne peux rien en dire. Je n'écoute pas. Je ne suis pas ciblé. Et quand bien même je le serai, le ton, le style, la zique rien ne m'accroche, alors j'ai décroché. Radio France a mis 50 ans à unifier les logos de ses chaînes, puis Mouv' est sorti du cadre. Prochaine étape : sortira-t-il du rang ?

Pour France Info c'était ici…

À lundi prochain… 
(et dimanche 10h pour le brunch radio)

vendredi 28 août 2015

Nouvelles grilles : 2. France Info

Laurent Guimier














Ce qu'il y a de séduisant avec Laurent Guimier c'est sa bonne humeur et son sourire communicatif. Guimier est serein (donne l'impression de l'être), convaincu et volontaire. Et avec subtilité (de management) il entraîne sa chaîne et ses équipes qui ont, comme l'an passé, l'air (et aussi la chanson) d'avoir la gnac et "le goût des autres". J'ajouterai qu'avec ses équipes il donne aussi une image de sobriété qui tranche avec celle de ceux qui en font des tonnes pour être sur la photo ou au cul des bus.

Guimier aborde cette nouvelle saison avec enthousiasme et flegme. Trois importantes manifestions sportives mobiliseront l'antenne. Pour autant Guimier parie sur la réactivité, l'intelligence et l'expérience de ses équipes pour donner à l'imprévu, à l'exceptionnel et au quotidien des éclairages, des analyses et des points de vue à chaud et à froid. J'ai longtemps écouté (de loin quand même) France Info comme une mécanique horlogère glaciale menée au tambour-major. 

Guimier a su insuffler l'humanité qui manquait à la chaîne et s'il m'arrive quelquefois d'écouter Info ce n'est pas seulement pour des événements particuliers mais pour entendre et écouter la petite musique originale qu'ils réussissent à jouer avec une belle harmonie. Ce sera ma posture de cette nouvelle saison, quand j'aurai besoin d'info… j'irai sur France Info.















Mais pour cette rentrée Guimier peut s'attendre à livrer un combat de titan. Et quel combat ! La TV publique (monstre froid et glacial) a décidé de créer une chaîne "Info" et, sûre de sa puissance n'imagine pas un instant que quiconque puisse se mettre en travers de sa route impériale. Sauf que le rapport Schwartz publié au mois de mars impose aux sociétés de l'audiovisuel public de s'entendre et de coordonner leurs actions. Particulièrement en ce qui concerne ce projet de TVInfo tenant compte du fait que France Info a une longueur d'avance pour ne pas dire 29 ans d'avance. Même si l'image n'est "apparue" que très récemment sur les écrans de France Info, la radio, pour "ces Messieurs de la TV", aurait le gros désavantage de ne pas être filmée. 

Heureusement que c'est la crise et heureusement que les finances publiques sont à sec. Comptons sur le sens des responsabilités des tutelles (Culture et Finances) pour ne pas laisser France Télévisions déshabiller la radio pour se parer de ses plus beaux effets (1). Ce sera l'occasion de mettre à plat les relations hiérarchiques qui se sont imposées entre radio et TV depuis l'éclatement de l'audiovisuel public en 1974 (2), et qui relèvent aujourd'hui de la cour de récréation. Il est temps que la TV prenne la mesure des capacités de la radio à "faire voir" même sans images en continu.

C'est un enjeu de société. Souhaitons que toutes les parties s'accordent et que les compétences s'additionnent. Mathieu Gallet et Delphine Ernotte (3) ont ce défi à relever. Il en ira aussi de la crédibilité de leur présidence respective. À bon entendeur salut !


Les autres grilles des autres chaînes…



(1) et/ou réussites tels que la chaine d'info continue, France Info,
(2) Que l'on doit au fanfaronnant libéral Giscard, Président de la République 1974-1981,
(3) Respectivement Pdg de Radio France et de France Télévisions, 

La dernière croisière du Padpanic… 12/12












Un feuilleton d'anticipation farfelu et fou
en 12 épisodes par Pilou

12. L'orchestre de Lavige jouera jusqu'à la fin
C'est la panique à bord ! Chacun court vers les canots de sauvetage... avec plus ou moins de difficulté !
"Mais pourquoi ta valise est si lourde ? demande Venturini
- Je tiens à mon transistor à piles ! J'ai sur moi une cassette d'émissions de Celtic AM que je pourrais toujours écouter pour m'occuper, répond Pat', l'un de ses amis techniciens

L'eau finit par envahir la quasi-totalité des compartiments du Padpanic alors que le paquebot n'est plus qu'à 100 milles de New York. Un appel de détresse est émis mais le désordre le plus total règne. Les prisonniers en cale s'échappent et s'enfuient les premiers avec la chaloupe du cap'tain. Ce dernier s'efforce d'organiser les opérations d'évacuation du mieux possible mais il semble un peu dépassé par les évènements... comme s'il ne s'était pas préparé à cette hypothèse pourtant plausible depuis Pâques :
"Les femmes et les enfants d'abord, ordonne Gars lai !
- Euhhh... il n'y a pas d'enfants à bord cap'tain, répond un matelot !
- Et mon chien, mon sucre d'orge, vous en faites quoi, s'écrie Paula Jacquette ?
- Ha oui tiens ! Que fait-on alors, se demande le cap'tain ?
- Voyons, c'est simple! Mettez-les dans la chaloupe avec Air-Not' et Denoixdecoq, réplique Singer, très agacé par l'indécision de son supérieur,

Malheureusement, il n'y a pas assez de chaloupes pour accueillir tout le monde et il ne faut plus tarder car il ne reste plus que le pont et la salle de spectacle en dehors de l'eau. Parmi les malchanceux, il y a Théfal qui ne peut sauver son "La Belle pop", Sophie Yellow et son émission de poésie ou encore Fañch Gredin et ses billets d'humeur. Le médiateur, le salarié pas le DJ, Bertrand Vahiné n'imaginait pas que son départ en retraite se déroulerait dans des conditions aussi tumultueuses !
"Alors, vous allez faire quoi de votre temps libre ? Une croisière avec votre épouse, lui demande Clos de Villers ?
- Ha non, plus jamais de séjour en mer ! Plus jamais, répond Vahiné, dépité !














Tant bien que mal, les chaloupes parviennent à prendre le flot tandis que le magnifique paquebot, que le monde entier nous enviait, coule piteusement. L'égoïsme, les intérêts personnels, les guerres d'égos, l'incompétence des maîtres à bord, la mauvaise gestion budgétaire... on pourrait trouver bien des explications à ce désastre. Mais c'est peut-être surtout la perte d'une certaine culture du service public qui disparaît en même temps que le Padpanic. Plus rien ne sera comme avant.

Heureusement, certains glorieux anciens, tels que Jacques Cramps ou encore José Rature, sont partis pour un long voyage avant de voir le fiasco final. Ce dernier aura au moins trouvé le moyen le plus simple d'échapper une fois pour toutes à Denoixdecoq, sous le choc depuis l'annonce de sa disparition.
"Quand je pense à tous ces malheureux ! Et mon pauvre José ! Quelle horrible croisière, déclare Nick en pleurnichant,
- Voyons, l'essentiel est que tu sois vivante ! Et puis, tu retrouveras enfin ton époux et tes enfants, ça te permettra de te remettre de cette tragédie, répond Air-Not'.

Quant aux sacrifiés collaborateurs, ils accompagnent jusqu'au bout l'orchestre de Lavige qui, pour rendre hommage à la folle épopée du Padpanic, joue un morceau de circonstance : "Jessica" des Allman Brothers, le générique de l'émission "Pas de Panique" de l'illustre Clos de Villers. Ils joueront jusqu'à la dernière note avant de perdre pied définitivement...
Mais ce n'est peut être pas fini… 

jeudi 27 août 2015

La dernière croisière du Padpanic… 11/12
















Un feuilleton d'anticipation farfelu et fou
en 12 épisodes par Pilou

11. La croisière s'amuse
L'été approche et le cap'tain Gars lai organise une soirée de gala pour marquer la fin de la traversée de l'Atlantique et l'arrivée prochaine à New York. L'équipage a encore l'espoir de boucler la croisière avant que le paquebot ne sombre totalement. Depuis plus de 3 mois, le Padpanic craque de toutes parts et les conditions de vie à bord sont très difficiles. Sur la scène de la grande salle accueillant la soirée, la cantatrice Paula Jaquette et l'orchestre de Lavige s'activent. Ces derniers n'apprécient que très moyennement la présence du DJ Chantier, dont la médiation doit se terminer prochainement :

"Tsss le voilà encore qui rode autour de Paula ! grommelle l'un des trompettiste ! 
- Ouais mais heureusement qu'il se casse bientôt ! répond le saxophoniste
- Bof, s'il peut nous éviter un licenciement, ce sera une bonne chose ! répond le pianiste
- Tu peux rêver! Je suis sûr au contraire qu'il complote contre nous pour nous faire licencier et récupérer Paula !
- Tu crois qu'il en serait capable ?
- Bien sûr! Ça se voit qu'il n'est pas clair comme personnage !
- Les gars, ne cherchez pas plus loin l'absence de Paula aux répétitions hier, je parie qu'elle nous laisse de côté !
- Oh la garce !"

Dans la salle, DJ Chantier s'est en effet rapproché de la cantatrice mais il semble passablement agacé...
« Dites, c'est vous la propriétaire de ce chien ? peste-il en montrant du doigt Paf en train de machouiller un bout de papier,
- Oui, pourquoi donc ?
- Ce satané chien a fouillé dans mes affaires et a mangé des documents très importants !!!
- Oh, je suis vraiment désolée ! Il s'agissait de documents de grande valeur ?
- Oui vous pensez bien ! Des documents de négociation dans le conflit syndical en cours entre la direction du Padpanic et l'équipage !
- Je suis vraiment confuse!
- Un travail de 2 mois quasiment parti en fumée !! »

De son côté, José Rature accompagne la vice-cap'tain, Air-Not', pour la soirée. Il semble soucieux...
"Tes débuts à bord se passent bien ? S'interroge Rature
- Oui mais je n'imaginais pas que ce serait dans des conditions si difficiles ! Entre les attaques sur ma nomination, la vie à bord et la composition de mon équipe, les difficultés ne manquent pas!
- Tu as sans doute fait la connaissance de Denoixdecoq au sein du capitanat ?
- Oh oui, quelqu'un de très gentille, très accueillante... je te la présenterais un jour"

Tandis que José Rature reste interdit, sans réaction, un tonnerre d'applaudissements l'arrivée sur scène du cap'tain Gars lai. Il remercie tous les invités et présente au public le programme de la soirée. Puis, c'est au tour de Paula Jaquette et de son orchestre d'entamer son tour de chant. A peine a t-elle le temps de prononcer la première parole de la première chanson qu'une alarme résonne. Le Padpanic coule !

L'orchestre de Lavige va t-il profiter de la confusion pour régler leur différend avec DJ Chantier ? 
Denoixdecoq va t-elle découvrir la liaison entre Rature et Air-Not' ? 
Le cap'tain va t-il quitter le paquebot en premier, tel le commandant du Costa Concordia ? Vous le saurez en lisant le prochain et dernier épisode de "La dernière croisière du Padpanic"

mercredi 26 août 2015

Nouvelles grilles : 1. Fip…

Fip : la vie en rose ?















Dernière chaîne à se présenter à la presse lors de la Conférence de rentrée de Radio France aujourd'hui, Fip nous a offert une très jolie prestation musicale pour, en chanson originale, nous "raconter" les nouveautés… (Dès que la vidéo sera disponible elle accompagnera ce billet)…


Anne Sérode a donc décidé de faire de Fip, comme "venant de nulle part", une radio comme les autres. Traduction immédiate : faire une radio avec des émissions. Au-delà de l'estampille "pépite" inventée par Mathieu Gallet et définitivement galvaudée on notera que Sérode touche à l'"ADN" de Fip en s'affranchissant de ses codes (génétiques). Ses codes ? Un programme musical ininterrompu enrichi par des voix qui viennent avec différents types d'infos (service, culture, événements) ponctuer le programme. Voix que les créateurs Garretto et Codou ont voulu "anonymes" et sans distinction particulière autre que la voix. Et tout a fonctionné ainsi jusqu'en 2015 (1).

Hors dorénavant les soirées de Fip vont être "séquencées" en émissions (2) animées par… des animatrices reconnues et identifiées en tant que telles. Avant même de s'intéresser au contenu et à la pertinence de ces émissions sur la chaîne je me pose les questions suivantes :
• De fait il y aura à Fip deux types d'animatrices (voire trois) : celles qui "ont" une émission et celles qui n'en ont pas. Quant aux animatrices de Bordeaux, Nantes et Strasbourg je n'ai pas compris qu'elles seraient sollicitées pour animer des émissions en… régions,
• Distinguer par le nom des animatrices renvoie immédiatement aux origines de la radio et plus particulièrement aux origines de la radio privée,
• Pourquoi a-t-on confié ces émissions à des animatrices "maison" et pourquoi pas à des productrices/producteurs extérieurs ?

De la distinction
Sur la distinction entre les animatrices (productrices ?) et animatrices "tout court" quelle ambiance cela va-t-il créer sur la chaîne ? Est-ce une promotion pour les unes ? Cela s'appuie-t-il sur des compétences particulières des dites-animatrices ? Les autres pourront-elles prétendre à ce type d'animation ?

Effet redondant, à force d'entendre les dites-animatrices dans les dites-émissions on les reconnaîtra forcément dans l'animation "normale" du programme qui créera de fait une distinction. Du coup les voix anonymes ne deviendront-elles pas plus anonymes encore ? L'unité/identité (la couleur) même de la chaîne risque d'en souffrir, au risque d'une banalisation. Et l'on voit bien alors que le mot "pépite" deviendra de lui-même un gadget, un faux-nez, un argument marketing, un gri-gri désincarné. (3)

Meneuses de jeu
Dès l'avènement des radios privées (4), les femmes ont d'abord été utilisées pour leurs voix. Faire-valoir, elles menaient le jeu dans le sens où elles devaient veiller à ce que les annonces publicitaires soient bien diffusées (par elles ou par d'autres voix), quelquefois présenter l'émission et nommer les participants. Absolument anonymes au début de la radiodiffusion elles ont pris un prénom à l'avènement en 1955 d'Europe n°1 (5).

Fip et Anne Sérode mettent donc en œuvre le rétro-pédalage. La distinction qui va s'opérer a plutôt des accents de discrimination. Au sens exact de sa définition. Par effet induit on va passer d'un "flux continu" et harmonieux à différents types de flux qui vont créer des "ruptures" des "séquences" des "tempi" qui n'auront plus rien à voir avec l'"Esprit Fip" originel. C'est un choix que Gallet et Sérode devront assumer et défendre.

La France a créé de nombreuses pépites, l'industrie navale, la sidérurgie, le textile. On voit bien ce qu'elles sont devenues au titre de la modernité galopante et de la financiarisation à outrance. Avoir affublé Fip d'un tel titre pourrait bien se révéler être de très mauvais présage… même si Gallet et Sérode veulent très vite développer Fip sur le web.



Ajout du 28 août : Les web-radios Fip…

Et la grille de France Info…











(1) Exception faite de "Jazz à Fip" où l'animatrice est citée avec son nom et son prénom… ainsi que les émissions "Fip livre ses musiques", "Dites 33",…

(2) Les quatre premiers soirs de la semaine de 20h à 22h et dans l'ordre :
• Sous les jupes de Fip, Alexandre Desurmont et Luc Frelon, 100% nouveautés,
• C’est magnifip !, Frédérique Labussière. Un thème exploré en musique,
• Certains l’aiment Fip, Susana Poveda : consacrée aux musiques de film,
• Live à Fip, par Stéphanie Daniel : un concert chaque semaine, 
Comprendre de fait que Jazz à Fip est raboté d'une demi-heure (19h-20h),

(3) Il est bon de rappeler que pendant 44 ans ni Garretto et Codou, ni Jouffa, ni Pensec, ni Breton, ni Delli-Fiori n'ont eu besoin de qualifier Fip. Elle se qualifiait d'elle-même. La qualifier est le signe réel du début de la fin. C'est une posture de communication, une posture médiatique, une posture de pacotille un peu comme pour les vertus de l'"Élixir de l'abbé Souris"…
(4) Avant la deuxième guerre mondiale,

(5) Il faudra attendre la rentrée 81 pour que Viviane (Blassel), meneuse de jeu, "retrouve" son nom et soit pleinement reconnue dans l'émission de François Jouffa et Ivan Levaï "Radio libre" sur Europe 1. Quelques années plus tard Laurence Boccholini aura les mêmes exigences et se fera nommer par son nom et prénom (notamment dans l'émission qu'elle co-animait avec Bernard Lenoir) sur la même chaîne,