lundi 31 octobre 2022

Projet stratégique de Sibyle Veil : l'assommoir… sans Zola !

Quarante trois pages, un sommaire de master, soixante propositions pour le service public de la radio dont une palanquée d'incantations/pirouettes genre "Innover pour faire du podcast un média social". De quoi se plaint-on ? Gallet (ex-Pdg de Radio France,14-18), enfermé à huis-clos par le CSA n'avait jamais rendu public son "Projet stratégique". Je mets des guillemets car je pense que c'était beaucoup plus un "projet personnel" de roucoule tendance "on doit pouvoir aussi regarder la radio»(1). Avec le projet Veil, on n'est pas assommé, on est K.O. debout, à genoux, en PLS et à deux doigts de faire une syncope (2) ! Franchement les membres de l'Arcom qui vont auditionner Veil (Pédégère de Radio France) vont-ils pouvoir en deux heures balayer ce "Projet pour la France… Radio" ? Ensevelie sous les pavés de bonnes intentions essayons de trouver une plage où le média radio aurait encore sa place…

Une usine à gaz… patcho !













Un catalogue de La Redoute (avec un peu d'Almanach Vermot dedans)

France Inter, quintessence de l’ambition éditoriale. Contribuer à faire société.

Infobésité. Écosystème de l’audio. Accélération de la délinéarisation de la radio. Univers d’hyper concurrence de l’audio. Stratégie éditoriale et numérique décuplée. Déjouer la fatigue informationnelle. Nutriscore de l’information. Créer la « station i » (Ah ?). Une banque commune de sons et d’images. Passer progressivement d’une radio de studio à une radio de terrain. Passer d’une radio d’animation à une radio de conversation. Passer d’une radio de services à une radio de solutions. 


Les 3 Suisses (version petit format, écologique)
Éclairer le renouveau des idées. Un antidote à l’uniformisation. Stratégie d’événementialisation. Mobiliser les imaginaires. Mutation des écritures. Grand casting annuel de podcasteurs (3). Laboratoire dédié à l’expérimentation de nouveaux formats. Hybrider notre culture “de grille” avec une culture de plateforme et une culture de réseaux. Devenir un média audio digital. Construire un aller et retour bien plus intégré entre le direct et le podcast. Aller au bout de la stratégie de plateforme. Géolocaliser certains contenus selon ses affinités. Création d'un écosystème digital commun. Être moteur dans la métamorphose de notre écosystème.











Il se passe toujours quelque chose aux Galeries Lafayette
Défendre la création audio en ouvrant la plateforme Radio France à des contenus tiers. Soutien à la création en prescrivant sur nos antennes l’écoute de podcasts indépendants. Une politique volontariste de distribution de la radio en direct. Assumer la mondialisation de l’écosystème de l’audio. Développer un véritable marché du podcast. Sortir l’audio du silence des textes européensCréer une Académie du Son. Nouveaux usages de l’audio, notamment le son immersif et l’interactivité. Accroître la fluidité entre la production radio et la production numérique. 

Promos géantes toute l'année à tous les étages du magasin
Transformation des modes de production, pour alléger les moyens dévolus à la production de la radio linéaire et les réallouer à la production numérique. «On Air», le nouvel environnement de production et de diffusion. Simplifier le quotidien (4). Gagner en agilité. Les managers sont les piliers fondateurs qui soutiennent notre maison (5). Tous les salariés devront être écoutés dans le prochain projet de l’entreprise (6). Le média radio a passé le cap du siècle en 2021 (7).
Faire de France Culture une université gratuite des savoirs (8). Faire de Mouv’ le média créatif de Radio France pour la génération Internet (9).

This is the end… (Envoyez les hélicos !)
Cette chose a été écrite sans âme. Sans histoire. Mots en enfilades. Préceptes froids, techniques, désincarnés. Avec une métonymie technocratique. À quelques années lumières de l'inauguration de la Maison de la radio le 14 décembre 1963. "À tant d’idées, de mots, d’images, de sons, lancés sur des ondes merveilleuses, à toutes ces rafales de suggestions déclenchées vers la foule secrète des esprits, bref à la radio fallait-il une maison ? Oui" disait de Gaulle (10). La radio quitte la Maison. La maison ne tardera plus à subir le même sort si l'on s'acharne à confier à des managères (de moins de cinquante ans) le développement d'un média singulier qui finirait par y perdre sa voie.
















(1) Le CSA avait rédigé une synthèse que je conserve précieusement,
(2) Mais pourquoi je m'inflige un tel sacrifice ?
(3) Voir Radio-Circus,

(4) Voir le huitième jour d'Adèle Van Reeth,
(5) Je vais relire les notes d'Henry Bernard (architecte de la Maison de la radio) pour essayer de comprendre ce que sont des "piliers fondateurs". Nouveaux piliers qui, sûrement à l'insu de son plein gré se sont multipliés au point bientôt de disposer de plus piliers que de murs (salariés) à soutenir ?
(6) Recyclage des cellules de montage en cellules d'écoute…

(7) Quel siècle, le vingtième ? Il était en retard alors ! Le vingt-et-unième il est drôlement en avance…
(8) Lesquels savoirs ? Phrase fourre-tout qui ne mange pas de pain et qui se pose là pour boursouffler le propos,
(9) C'est qui la génération Internet ? Depuis quand ? Évolutive d'année en année ? Concept bidon et superfétatoire.



jeudi 27 octobre 2022

À voix haute, à voix basse, à voix perdue… ou comment postuler à la Présidence de Radio France !

Le 4 mars 2015, en soirée j'ai eu la mauvaise idée d'interrompre ma lecture de Truman Capote et de me plonger dans celle du rapport Schwartz qui ne pouvait rivaliser d'un point de vue littéraire,  Par contre d'un point de vue stratégique il allait marquer les années audiovisuelles qui ont suivi. On pouvait lire : "Face aux défis à venir, et aux contraintes croissantes pesant sur les finances publiques, il paraît nécessaire que l'État pèse davantage sur le dispositif des médias de service public. Si tel n'était pas le cas, il sera difficile d'écarter la tentation d'un rapprochement organique entre les sociétés ayant appartenu jadis à la même entité. La structuration actuelle qui remonte à l'éclatement de l'ORTF, à une époque où radio et télévisions publiques disposaient d'un quasi monopole, peut en effet être interrogée, à l'âge de la convergence des médias, de la transition numérique et de l'élargissement de l'univers concurrentiel à des acteurs mondiaux venus d'Internet." CQFD.

L'agora de Radio France










Il arrive qu'on me questionne sur les qualités qui me permettent de tenir un blog spécialisé radio ? Quand je précise auditeur à l'écoute tendue, je décèle sur le visage de mes interlocuteurs une moue dubitative. Je me dois alors de préciser que très vite je suis passé de la critique (d'émissions, de chaînes, de Radio France) à l'analyse de l'environnement politique, économique, culturel et social en lien avec la radio. En lisant les rapports de Com (Contrat d'Objectif et de Moyens), en suivant les séances à l'Assemblée ou au Sénat des dirigeants de l'audiovisuel public, en lisant la presse spécialisée. Après m'être constitué un réseau depuis 2011, je ne manque jamais avec ce dernier de confirmer ou infirmer mes intuitions, analyses et/ou perspectives d'avenir. Auditeur oui, blogueur oui, au fait du média dans sa globalité, oui (1). J'aborde la radio dans sa globalité pas comme une succession d'émissions.

Hier, en début d'après-midi, l'Arcom a annoncé les trois personnalités retenues pour être auditionnées en vue de postuler à la présidence de Radio France (fin de mandat Veil, avril 2023). Bim ! Untel dont on murmurait le nom n'en est pas. Telle autre non plus. Les nominés postulants sont : Florent Chatain, Sibyle Veil et Maïa Wirgin. Les dés sont jetés… Ci-dessous un premier point de vue avant de lire à fond les soixante-sept pages (cumulées) des trois postulants.

Florent Chatain


















À voix basse
Journaliste, à France Inter (2003-2010) et de la webradio de Libération, Florent Chatain annonce sa priorité pour France Bleu "C’est incontestablement le chantier prioritaire de ma présidence. La situation, tant au niveau des audiences, historiquement basses, qu’humaine avec des rapports soulignant des comportements hors du commun, requiert un travail de fond urgent."

À voix perdue
En quarante-trois pages, l'actuelle Pédégère de Radio France délaye son projet 60 propositions pour le service public. Oumpff ! Bigre. Aujourd'hui accrochée au nom de Sibyle Veil résonne son "non à la fusion" des audiovisuels publics. Mais il semble bien que l'ambition du gouvernement Macron2 soit justement la fusion. Aie ! Veil a beau être de la même promo Ena qu'Emmanuel Macron, ça ne suffit sans doute plus si on s'expose frontalement à un projet présidentiel. Nous en reparlerons.

Maïa Wirgin
















`
À voix haute
C'est le titre du projet stratégique de la deuxième postulante qui a inspiré le titre de mon billet. Maïa Wirgin, secrétaire générale de la Cour des Comptes (par décret présidentiel) depuis le 28 mars 2022 et ancienne de Radio France (2), énarque (Promotion… Simone Veil) imagine vitale la coopération accrue des audiovisuels publics. "L’enjeu n’est pas de regrouper des moyens ou de fusionner les structures pour faire des économies, mais d’unir les forces, immenses, des entreprises de l’audiovisuel public et mettre la coopération au cœur de leur stratégie au service de tous les publics, pour continuer à exercer leurs missions, plus que jamais indispensables." Diriger un service public quand on vient de la Cour des Comptes ça peut aider pour tenir très serré les budgets, particulièrement quand ils risquent de prendre de sacrés coups de rabots. Son engagement dans la bataille est un signal fort pour l'Arcom qui dans un récent rapport faisait état d'avancées trop faibles en ce qui concerne les synergies entre les opérateurs audiovisuels publics (3).

Les deux femmes candidates s'inscrivent dans des stratégies politiques fortes. Comment imaginer alors que les politiques n'aient pas déjà fait leur choix ? Les auditions des trois auront lieu le 19 décembre (juste entre les boules et le … sapin), l'Arcom communiquera son choix au plus tard le 16 janvier 2023.
(À suivre)

Maintenant pour me détendre… je vais reprendre Capote



(1) Ce blog depuis ses origines en juillet 2011, traite plus particulièrement de la radio publique…
(2) En 2014, elle est nommée directrice de cabinet du Président directeur général de Radio France, puis secrétaire générale, où elle conduit les réformes stratégiques du groupe jusqu’en 2018, (les dates exactes de la Présidence Gallet),

(3) "De fait, la coopération au sein de l’audiovisuel public demeure limitée et la convergence TV-radio est très en-deçà de la situation d’autres services publics européens. Ainsi, si certains partenariats inscrits dans le COM sont effectifs (par exemple la plateforme éducative Lumni), tous n’ont pas atteint, à fin 2021, l’objectif fixé par les contrats. Il en va ainsi en particulier des partenariats dans le domaine de l’information régionale, les réalisations étant en deçà des ambitions affichées, qu’il s’agisse des matinales de France Bleu diffusées sur France 3, de la plateforme numérique d’informations locales « Ici », l’ensemble de ces projets souffrant d’une absence de projet éditorial partagé. Les projets communs dans le domaine du numérique se sont traduits principalement par la juxtaposition des contenus produits par les trois sociétés publiques (Lumni, Culture Prime, Ici, etc.). Il appartiendra à l’Etat et aux sociétés publiques de déterminer les nouveaux domaines de convergence dans les prochains COM, en s’inspirant des réflexions déjà menées sur le sujet. Des modalités efficaces de suivi et de mise en œuvre de ces chantiers communs devront également être arrêtées, qui ne peuvent reposer sur la seule initiative des entreprises". [C'est moi qui souligne]. Arcom, Avis n° 2022- du 7 octobre 2022 relatif au rapport d’exécution des contrats d’objectifs et de moyens de France Télévisions, Radio France et France Médias Monde pour l’année 2021.

lundi 24 octobre 2022

Matinale mâtinée… de petits bouts !

À force d'écoutes attentives et scrupuleuses je vais tenter de comprendre le fonctionnement du 9/10 de France Inter. Oui le 9/10 qui contient le journal de 9h, une chronique média, le 9h10 (sic) et à 9h30, Totémic. Trois choses différentes qui, à elles seules, auraient pu faire un … magazine. Mais n'anticipons pas.
















Caser… dans la case
La nouvelle directrice, Adèle Van Reeth, le 30 septembre, assume et défend devant la médiatrice des antennes "sa" nouvelle grille et ses ajustements. Soit mais l'auditeur, l'auditrice continuent d'écouter le programme et peut-être comme moi s'interrogent-ils sur le rythme, le tempo, les voix d'un 9/10 qui visiblement auditivement demanderait encore quelques ajustements… et pas qu'à la marge ?

    9h-9h10 
    Un journal ramassé de quatre minutes (1), puis une chronique médias qui a existé trois semaines dans Zoom Zoom Zen, - titre improbable -, la nouvelle émission de Matthieu Noël (16/17). Pourquoi pas une chronique de plus (en plus) ? Mais ces trois minutes c'est aussi trois minutes en moins pour la chronique suivante…
    
    9h10-9h29
    Ça s'appelle L'invité de 9h10 et remplace, Magma (9h04-9h29), qui, au bout de trois semaines, a fondu comme neige au soleil (2). Une telle originalité de titre laisse pantois quand à fortiori l'animatrice de l'émission, Sonia Devillers est convaincue qu'un titre en radio c'est important. Aucune émission d'Inter n'est sans invité. On mesure donc combien ce titre est plat et fade. 
    Devillers n'a rien changé de ses façons dynamiques, enthousiastes et intrusives d'animer ses entretiens. Très surexcitée, emballée et à quelques exceptions près en totale empathie-admiration devant ses interlocuteurs. Ces derniers toujours en phase médiatique élevée, dans l'actu, si bien que leur place (case) est toute trouvée dans une matinale… d'actus !




    












9h30-10h
    À la rescousse Rébecca Manzoni a accepté d'animer cette tranche (autrefois tenue par L'Instant M, 9h40-10h). J'écris à la rescousse car le départ inattendu d'Augustin Trappenard et son Boomerang (2014-2022, 9h07-9h40) a surpris la Direction. Jusqu'au 1er juillet date de sa dernière, il laissait entendre qu'il continuerait ailleurs sur la grille. Las, Manzonni qui a animé en quotidienne Eclektik deux saisons (2004-2006, 9h05-10h) connait la chanson ! Vous l'aurez compris, je veux dire a toute sa place dans une case du matin juste après la très, très, très longue session d'info (5/9, puis 5-9h30).
    Totémic, après un temps de rodage, a trouvé ses marques. Lundi, mardi, jeudi en studio. Mercredi L'échappée (chez un ou une artiste en vogue). Vendredi en studio et en public. 30 minutes, c'est court quand on imagine - à raison - que Manzonni tiendrait la cadence sur 55'.

Rythme et tempo
Imaginez que vers 9h30, le facteur sonne (toujours deux fois), votre voisine vous hèle pour vous demander des nouvelles de votre rhume ou que vous soyez au téléphone depuis 5'. Puis, libéré-e de ses impondérables vous reprenez l'écoute… Si vous n'êtes pas très attentif, attentive vous pourriez vous laisser porter par une voix féminine qui interviewe une fois féminine (ou masculine). Bien sûr la voix, le rythme, le ton de Devillers n'ont rien à voir avec ceux de Manzonni. Mais le procédé d'interview est le même. Manzonni élabore-produit beaucoup ses émissions, Devillers joue le jeu du face-à-face. Mais il y a une certaine forme de continuité et l'ensemble, malgré la personnalité des deux productrices, n'est pas assez tranché. Sans écoute soutenue on est à peu près sur la même ligne…  Des vedettes se racontent. Coller les deux émissions n'apparaît pas assez distinctif.

C'est quoi ce découpage ?
En 2014, Schlesinger, directeur éditorial des sept chaînes de Radio France invente (3) le découpage du 9/10 en deux sets distinctifs. Un homme (Trappenard), une femme (Devillers) pour une émission culturelle et une émission médias. Pourquoi pas ? Devillers s'en sort très bien en jonglant avec un… 18'. En 2022, France Inter redécoupe la tranche 9/10 et… laisse perplexe. Devillers a perdu (depuis Magma) 3' et doit en plus intercaler une chanson. Manzonni nous laisse sur notre faim/fin quand on sait qu'elle a le jus pour tenir plus longtemps.

Bilan : nécessité à la rentrée de janvier de revoir le découpage/saucissonnage de la tranche 9/10. Et peut-être remettre au goût du jour Le magazine (4) qui dès la rentrée 1969 jusque loin dans les années 2000 a fait les belles heures de France Inter ? À moins que le flux n'ait plus aucune importance et que ce qui compte absolument ce soit l'écoute délinéarisée (soit le replay, soit le dieu podcast). Se pose alors la question "Comment Adèle Van Reeth veut-elle qu'on écoute France Inter ?" Ou plutôt "Comment Laurent Frisch (5) veut-il qu'on écoute la radio ?" Un indice : sur la page dédiée de chacune des émissions la réécoute est proposée "Provenant du podcast" suivi du titre de… l'émission !!!!!!!!!!







En clair, il n'y aura bientôt plus d'émissions mais des collections (infinies) de podcasts qui entraîneront la disparition des programmes. D'ores et déjà les auditeurs nostalgiques de l'œil du tigre de Philippe Colin (pas le sien, son ex-émission) feraient mieux d'applaudir à tout rompre quand ce dernier produit plus de podcasts que d'émissions hebdomadaires qu'il animait dans une saison radiophonique.

Je transmets ce billet à Adèle Van Reeth des fois que mon écoute et mes analyses seraient susceptibles de participer à la réflexion collective. À bon entendeur, salut !

(1) quand depuis 2014 il en faisait plutôt 5' voire 6' et qui imposait à Boomerang de ne jamais démarrer avant 9h07,

(2) "Vous savez, une grille d’antenne n’est jamais complètement fixée. C’est comme un organisme vivant qui a besoin parfois d’un médecin pour venir ausculter le bon fonctionnement de chaque membre et de chaque partie. Et qui, quand on commence fin août et que la grille est lancée, surtout quand il y a des nouvelles formules, a besoin d’ajustements d’auscultation très proche pour essayer de faire en sorte que la meilleure mécanique soit trouvée." (Adèle Van Reeth, RV avec la médiatrice, 30 septembre 2022, France Inter),

(3) Avec sûrement le grain de sel de Laurence Bloch, la nouvelle directrice de France Inter (2014-2022),
(4) Dont Pierre Bouteiller s'est fait le chantre sur France Inter,
(5) Directeur du Numérique et de la Production.

mardi 18 octobre 2022

Et Adèle Van Reeth inventa… le huitième jour !

Adèle Van Reeth, ex-productrice des "Chemins de la philosophie" sur France Culture a été nommée en février Directrice de France Inter par Sibyle Veil, Pédégère de Radio France, en remplacement de Laurence Bloch. Elle a pris ses fonctions à la "rentrée" le 29 août. Bien entendu sa grille a été "ficelée" avec Bloch. Comme elle l'annonce à la médiatrice des antennes le 30 septembre "une grille d’antenne n’est jamais complètement fixée. C’est comme un organisme vivant qui a besoin parfois d’un médecin pour venir ausculter le bon fonctionnement de chaque membre et de chaque partie. Et qui, quand on commence fin août et que la grille est lancée, surtout quand il y a des nouvelles formules, a besoin d’ajustements d’auscultation très proche pour essayer de faire en sorte que la meilleure mécanique soit trouvée."

E. Daviet, médiatrice et A. Van Reeth








De fait pour autant je suis perplexe sur le réajustement du 7/9h30, du changement de titre de la chronique de Devillers (c'est à la rubrique "chronique" qu'elle apparaît sur la grille) qui fait exactement ce qu'elle faisait dans L'Instant M (2014-2022). Cocasse le 9h10 ne commence jamais à l'heure mais… en avance ! 

J'ai trouvé Van Reeth claire, précise et franche, directe. Pour autant j'ai failli tomber de l'armoire quand j'ai entendu ça : "depuis quelques années, les modes d’écoute de la radio ont changé et donc les modes de production d’émissions doivent s’adapter à ces nouvelles écoutes. En clair, ça ne vous aura pas échappé qu’en plus de la grille de flux de l’antenne que vous écoutez tous les jours sur votre radio ou sur votre téléphone, vient s’ajouter une offre de podcasts dont nous sommes très fiers aussi… Il y a comme une grille parallèle de podcasts sur France Inter qui équivaut à une huitième journée (c'est moi qui souligne) en réalité des programmes. Donc il faut les sept jours dans la semaine mais vous en produisez huit exactement." Fortiches les équipes ! 











Si Virgil Georghiu a inventé La vingt-cinquième heure, il faudra reconnaître à Van Reeth d'avoir inventé le 8ème jour et, je ne dis rien des salariés à qui on devra bien reconnaître de se surpasser au travail !!!! En quelques mots la directrice d'Inter met à plat la Nouvelle Mécanique Radiophonique (NMR) plus limpide que toutes les circonvolutions sémantiques de Veil, de Frisch (Directeur du Numérique et de la Production) et autres manitous de la mue définitive de la TSF (Téléphonie Sans Fil).

Cyclage, recyclage et re-recyclage
On est prévenu, comme c'est écrit sur chaque page d'émission des chaînes de Radio France, la source à réécouter provient d'un… podcast ! Ben voyons Léon ! Le gros mensonge, la supercherie, l'entourloupe pour, très vite, faire passer la pilule d'une grille d'émissions à une grille de podcasts !!!!!!! L'été alors dévolu aux rediffusions en flux de podcasts provenant de podcasts jamais diffusés en flux ou… déjà diffusés, c'est selon. Étonnant non ?










Comme j'ai pu l'écrire de nombreuses fois il n'y aura bientôt plus de chaînes mais des couleurs pour repérer les émissions podcasts sur la plateforme Radio France. On l'aura compris Laurent Frisch et son armée mexicaine numérique seront arrivés à leurs fins. Tous les processus traditionnels de production sont abandonnés et les nouveaux vont permettre de :
- diminuer ou de se passer des réalisatrices-réalisateurs,
- faire entrer la co-production à Radio France, avec des studios privés, (1),
- définitivement s'affranchir des grilles de programmes transformées en… banque de données en écoute à la demande !

La démonstration de Van Reeth a le mérite d'être limpide ! Vous voulez des podcasts ? Eh bien ce sera au prix de moins d'émissions, de rediffusions tous les jours, plusieurs fois par jour. Raccourcissant d'autant le temps d'antenne journalier de programmes frais, toutes chaînes confondues ! L'addiction des auditeurs aux podcasts - à marche forcée -, soit l'alpha et l'oméga de la transition numérique, est totalement réussie. Aucun retour en arrière possible. Un nouveau monde radiophonique se met en place. Audio killed the radio star !

(1) Alors que le mantra absolu est " À Radio France nous produisons tout nous-mêmes !"

lundi 17 octobre 2022

Sibyle Veil : le mammouth, les gazelles et l'âne…

Quelques jours avant la date butoir de dépôt de candidature à la Présidence de Radio France à l'ARCOM, (21 octobre), Madame Sibyle Veil, actuelle Pédégère et candidate à sa succession, a dressé un bilan intermédiaire du COM (Contrat d'Objectifs et de Moyens) devant la Commission Culture de l'Assemblée Nationale ce 12 octobre. De quoi déployer une kyrielle de je, de satisfecits, d'auto-congratulations et de superlatifs à faire rougir le/la plus humble des salarié-e-s de Radio France. Tout va bien, on est les meilleurs, on ne doit fusionner qu'avec nous-mêmes et vous devez nous donner les moyens de notre expansion… numérique. Revue de détail.

Maison de la radio et… des travaux











"Radio France est un repère de confiance". Voilà, en introduction de quoi assurer/rassurer la représentation nationale que l'argent de la Contribution à l'Audiovisuel Public (CAP) a été bien employée à ravir les auditeurs des chaînes de radio publique. Le de confiance s'apparentant comme d'habitude à la méthode Coué, incitant les député-e-s à accorder par effet d'entraînement leur confiance à la Pédégère. Puis Veil d'avancer un chiffre qui, s'il n'a fait ciller aucun auditeur de sa prestation, m'a laissé absolument perplexe. 

"L'info représente 53% de nos antennes" ! Bigre comment cela est-il possible ? Si l'on veut bien considérer que Mouv' et Fip ne diffusent pas d'informations en tant que telles. Que pour France Musique c'est moins d'une heure par jour et peut-être un peu plus sur France Bleu, comment France Inter, France Culture et France Info pourraient représenter à elles trois plus de 50% d'information ? Sauf à mettre informations à toutes les sauces y compris celles du divertissement. J'eusse aimé qu'un-e député-e interpelle Veil sur cette assertion pour le moins fantaisiste. Et en quoi ces 53% seraient-ils un gage de réussite et/ou de confiance et/ou de service public ?

Puis, pour enfoncer le clou budgétaire Veil agite le chiffon rouge. Radio France intègre la/les contraintes budgétaires, années après années, et se plie aux injonctions des tutelles (Finances, Culture). En bonne petite soldate la Pédégère, le cœur sur la main, proclame "On va essayer de garder la tête hors de l'eau mais nous allons devoir faire des choix éditoriaux". Soit en version plus claire C'est pas moi, c'est l'autre. Le paravent-parapluie est en place. De quoi, vis à vis du personnel et des équipes, se dédouaner quand viendra à nouveau le temps des coupes sombres.

Madame Veil, qui de la radio ne connaît que son passé récent, pourrait s'intéresser au premier Pdg de l'ORTF, Arthur Conte (juillet 1972-octobre 1973). Journaliste, historien, homme politique (UDR) Conte n'envoie pas dire ce qu'il a à dire au pouvoir (présidence Georges Pompidou, 1969-1974), ça lui sera fatal. "On lui reprochera notamment de n'avoir pas su remettre en ordre l'énorme machine qu'était l'Office et d'avoir laissé se développer dans certains services un état d'esprit jugé hostile au pouvoir." (1) Conte était libre et indépendant, pas sûr que ce soit le cas de Veil !










Au cours de sa longue séance de près de deux heures, malheureusement, la Pédégère ne répondra pas aux questions d'au moins deux député-e-s concernant France Culture. Sans doute réserve-t-elle ses avis circonstanciés à l'Arcom qui, on peut en être sûr (?), ne manquera pas de l'interroger sur la gravité de la situation et l'urgence de prendre des décisions responsables pour protéger les personnels d'un management dévastateur.

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Veil, au début de son intervention, ayant sans doute encore quelques réminiscences de l'œuvre de Molière déclame "il ne faudrait pas qu'à force de consultations l'audiovisuel public fasse figure de malade imaginaire et qu'on lui diagnostique des maux qu'il n'aurait pas." Quel talent ! Mais cela ressemble beaucoup au coup de pied de l'âne, direct au Président de la République (son camarade de promotion à l'ENA) qui en 2017 faisait dans la dentelle "L'audiovisuel public, la honte de la République." Et coup de pied  supplémentaire à tous ceux qui veulent - à tout prix - la fusion d'au moins quatre sociétés audiovisuelles publiques (2). 

En verve, Veil envoie aussi du La Fontaine ! Quelle culture ! "Ce n'est pas en construisant un mammouth qu'on va avoir des gazelles qui vont être agiles à l'ère du numérique". On lui pardonnera le pléonasme des gazelles agiles. Mais ça ne peut pas faire de mal à la représentation nationale d'entendre causer management start-up nation. Avec l'animal, dont l'extinction est datée depuis 4000 ans, Veil reprend une saillie de Claude Allègre, Ministre de l'Éducation Nationale, en juin 1997 qui voulait "dégraisser le mammouth". Pas très courtois vis à vis de ses collègues de l'audiovisuel public dont l'agilité serait à priori mise en doute.

Veil se fait plaisir, pose des banderilles et tel le preux chevalier (où Jeanne d'Arc) se sent prête à bouter le mammouth hors du XXIème siècle. Quel panache ! Arthur Conte ne s'en laissait pas conter. Il avait le verbe pour ça. Madame Veil pourrait, quand bien même elle serait reconduite à sa succession, devoir dans les mois qui viennent avaler des couleuvres. Qui alors du mammouth ou des gazelles les avalera le mieux ? 

Changement climatique radiophonique annoncé
Mammouthicus allegrius
On notera la belle paire d'antennes de réception radio

 















(1) Le Monde, 27 décembre 2013, 
(2) Radio France, France Télévisions, France Médias Monde, Ina, 

mardi 27 septembre 2022

France Culture… du chiffre !

Mercredi dernier, 21 septembre, Libération publiait sur son site web et le lendemain en une, une enquête - à charge - d'Adrien Franque et Jérôme Leffiliâtre, "France Culture, "un système de violence et de soumission" venu d'en haut." L'ambiance délétère dans la chaîne de service public est décrite en trois longues pages où les inter-titres donnent une idée du niveau de détresse et de désarroi qui "plombe l'ambiance" et la sérénité au travail. "On se prend des roustes", "Va mourir, la patronne te hait", "Droit de vie ou de mort sur les émissions", "Des gens très qualifiés s'en vont"… N'en jetez plus la coupe est pleine et déborde ! "Le malaise est énorme". Que devra-t-il arriver pour que des décisions radicales soient prises et que tous les personnels concernés reprennent sereinement le chemin de France Culture ? Que fait Sibyle Veil, Pédégère de Radio France ?







Un début de réponse viendra deux jours plus tard. "Dans un mail interne envoyé vendredi après-midi, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, écrit «qu’aucun fait de harcèlement moral n’a été établi», et apporte son soutien à la directrice Sandrine Treiner, tout en annonçant plusieurs mesures pour améliorer le dialogue au sein de la chaîne." (1) 

Extrait du mail envoyé par Sibyle Veil au personnel de France Culture (vendredi 23 septembre) : "… Concernant France Culture, la réalité à ce jour est qu’aucun fait de harcèlement moral n’a été établi. Dans les dernières années, 4 salariés ont saisi la cellule de signalement de Radio France pour une situation en lien avec le comité de direction de France Culture, chacun dans des circonstances différentes. Comme à chaque fois, la cellule a fait son travail avec sérieux, impartialité et en préservant l’anonymat pour regarder les faits et elle a estimé qu’aucun des cas n’était constitutif d’un harcèlement. S’il en était allé autrement, des conséquences en auraient été tirées. Je vous rappelle qu’il y a eu l’an dernier 11 procédures disciplinaires à la suite de signalements de harcèlement.

Un directeur ou une directrice est là pour définir une stratégie et faire évoluer sa chaîne en conséquence. Un directeur ou une directrice est donc là pour diriger, prendre des décisions, arrêter, poursuivre ou faire évoluer des programmes, faire des retours à ses équipes. Il est normal que nos antennes soient guidées par une stratégie éditoriale. Si France Culture réussit si bien, c’est qu’il y a une stratégie et que c’est la bonne. Et ceci, nous le devons à Sandrine Treiner.









"Réussit si bien" quoi ?
Madame Veil montre en quelques lignes que la réussite stratégique est donc au prix de la souffrance, de l'acharnement moral et de l'arbitraire. Devrait s'en suivre "un dispositif de diagnostic et d’écoute". En l'état ce serait donc grâce à la presse qu'un énième dispositif va être mis en place ! Et pourquoi n'a-t-il pas été mis en place dès les premiers signalements de salariés ou de cachetiers ? En assurant Madame Treiner de sa confiance Veil joue un "drôle de jeu", au risque que les développements de l'"affaire" confirment un "management de terreur" et lors, l'urgente impérativité de décisions radicales pour protéger et soutenir le personnel.

Madame Treiner doit posséder le compte Twitter le plus fourni sur les dizaines et dizaines de chiffres qu'elle publie à chaque fois que Mediametrie sort du bois (et il sort souvent). L'autosatisfaction permanente de la Directrice de France Culture n'a d'égal que celle de Laurent Frisch, grand manitou du numérique, de la production et des… chiffres. A minima, il manque à ces deux personnes, "Les lettres". Treiner est persuadée d'en faire le meilleur usage chiffré, Frisch de les prendre au pied de … la lettre.

Où l'on ne cessera de dénoncer qu'en faisant entrer le loup dans la bergerie - Mathieu Gallet, comme Pdg de Radio France en 2014 - le CSA a ouvert la boîte de Pandore. Les effets délétères et collatéraux du management start up nation n'ont pas fini d'aligner les 0 et les 1. Avec une tendance très lourde à multiplier les 0, à désespérer Billancourt et, à marche forcée, délinéariser et plateformiser la radio de flux. Au risque à court terme voir disparaître les sept chaînes publiques assemblées/rassemblées sous une seule radio : Radio France.

(1) Adrien Franque, co-auteur de l'enquête, publie sur le site de Libération "Après l’enquête de «Libé», un dispositif d’écoute ouvert pour les salariés de France Culture", 24 septembre,

lundi 26 septembre 2022

MagMa c'est fini… Je me marre !

Le 29 août je me suis pincé grave. Sur France Inter, à 9h04, après seulement 4' d'entonnoir-info - ce qui ne devait pas être arrivé depuis que le flash de 9h avait fini par s'allonger démesurément (1) -, une nouvelle émission s'insérait dans la matinale rallongée jusqu'à 9h30. MagMa, contraction futée du Magazine de la Matinale. Bien vu ! Animée par Sonia Devillers (ex L'Instant M) ce programme prenait la place de Boomerang animé de 2014 à 2022 par Augustin Trapenard. Patatrac, trois semaines après sa création, l'émission perd son titre et trois minutes de temps d'antenne. Et mettra quelques jours à trouver son titre définitif "L'invité de Sonia Devillers" (2) ¿ Que pasa ? Serait-ce une décision de la nouvelle directrice de la chaîne Adèle Van Reeth ? De la directrice de la rédaction Catherine Nayl ou des deux matinaliers Salamé/Demorrand ? Le saura-t-on un jour ?











Pourtant "MagMa" ça avait de la gueule mais ça n'avait peut-être que la gueule ? Pourquoi un entretien radio de 20' prendrait le titre de magazine ? Un magazine c'est une émission d'info ou de programmes avec plusieurs rubriques récurrentes (3). Devillers elle-même s'est fendu d'un tweet (19 sept) pour sans aucune explication acter ce changement en annonçant comme nouveau titre "le 9h10" !!!!!!! A minima que d'amateurisme pour la première matinale de France. Ce nouveau programme a pourtant du être validé dès le mois de juillet ou quand bien même il ne l'aurait été que mi-août (avant la "rentrée") il est assez surprenant que personne n'est relevé que le titre, à cause de son contenu, était inapproprié.

Devillers jamais en reste pour paraître à la télévision expliquait aux journalistes de "Quotidien", le 2 sept l'importance "depuis trente ans" (sic) d'un titre en radio ! Quoi ? Une fois de plus la journaliste montre sa parfaite inculture de l'histoire du média qui l'emploie depuis plus d'une décennie ! Faudrait-il lui rappeler "Qu'il est doux de ne rien faire quand tout s'agite autour de vous, une anti-émission de France Inter présentée par personne" (1968/1969, José Artur), "L'hippopotame fait des bulles de savon" (1995/1996, Julien Delli-Fiori), "Marche ou rêve" (1976/1978, Claude Villers), "À cœur et à Kriss" (1980/1981, Kriss)… Liste non exhaustive et pour saluer Europe n°1 "De 9h à Bibi" (1967/1968, Maurice Biraud) !











Profitons-en pour signaler que "L'invité de Sonia Devillers" est en tout point conforme à "L'instant M" : les mêmes stars médiatiques, les faits div' qui croustillent, le mélo surjoué, etc… etc… Recevant vendredi dernier, Jean-Noël Jeanneney, ex-Pdg de Radio France (1982-1986), Devillers n'en finissait plus de roucouler. Pour "illustrer" les relations tendues du Pdg avec deux animateurs bien connus "Claude Villers et Pierre Bouteiller", l'animatrice de l'émission envoie deux sons ! Villers pour "Marche ou rêve" (voir les dates ci-dessus) et Bouteiller pour "Le magazine de Pierre Bouteiller" (1979-1981) (4). Pas de pot, ces deux émissions n'ont jamais existé sous la Présidence de Jeanneney et pour cause ! Quand on invite un historien et qui plus est un historien des médias le minimum serait de respecter la "Concordance des temps" (5).

Devillers a perdu son titre et un peu plus de crédibilité pour sa capacité à rendre compte de l'histoire. En mai, recevant Mathieu Gallet, l'ex-Pdg de Radio France, elle annonçait à l'antenne qu'il avait fini par démissionner en mars 2018 quand "tout le monde savait" (et particulièrement à Radio France) qu'il avait été révoqué par le CSA le 31 janvier 2018 ! Une sublime fake news.

Cette indécision sur un titre d'émission est anecdotique. Je n'ai pas souvenir d'un précédent radiophonique ces dernières années. Une émission peut changer de présentateur/présentatrice, de jour de diffusion, de durée mais changer de titre après seulement trois semaines de diffusion, c'est sans doute un cas d'école !

(1) D'au moins deux minutes supplémentaires grignotant d'autant sur les "programmes" toujours à la merci des desiderata de l'info,

(2) Depuis le 19 septembre, annoncée à 9h10 et qui démarre à 9h08, précédée d'une chronique supplémentaire "La chronique médiatique" par Cyril Lacarrière qui ronronne et ressasse ce qui bruisse déjà partout ! 
(3) Dont le maître incontesté restera sans doute Pierre Bouteiller avec "Le magazine de Pierre Bouteiller" dès la rentrée de 1969 et pendant de longues années sur France Inter,

(4) Ces deux années là le "Magazine" est diffusé de 18h10 à 19h,
(5) Émission hebdomadaire de Jeanneney, le samedi à 10h sur France Culture, depuis la rentrée 1999,