dimanche 9 juin 2019

Dimanche dans un fauteuil d'archives, 13

On n'imagine assez mal dans vingt ans une émission de France Culture (?) qui raconterait les métiers disparus de la radio. Et pourtant ! Le documentaire de la Fabrique de l'histoire de cette semaine était émouvant à plus d'un titre ! La mutation inexorable qu'engendre le "progrès" et la joie d'entendre la passion, la ferveur d'ouvrières et d'ouvriers qui ont à cœur leur métier et mieux leur métier au cœur. Quant aux Indiens d'Amérique du Nord (1975) ils ont disparu comme les "samedis de France Culture", temps long pour raconter et documenter des histoires…







À dimanche prochain 10h…

vendredi 7 juin 2019

Mue de Radio France : en trois mots comme en cent… (1)

J'ai déjà écrit sur ce blog que me passionnant pour la radio je ne pouvais me contenter de la vénérer au point de faire l'impasse sur ses évolutions, ses ratages, ses intrigues et + si affinités. Depuis juillet 2011, je me déchaîne pour raconter la radio publique et un tout petit peu la radio privée (1). Ce billet est le deux mille soixantième. J'écoute la radio et je la lis. Lalala ! Le Livre blanc "Radio France 2022, une nouvelle ambition de service public" est arrivé jusqu'à moi. Je l'ai lu (2) et comme il y avait de la place entre les lignes, j'ai lu entre. Trois mots ont retenu mon attention. En trois épisodes (lundi prochain et mardi) je vais vous proposer quelques hypothèses de ce que ces mots évoquent et surtout en quoi ils vont influencer l'avenir de Radio France.



Radios-Réseaux (3)
Le principe d'un mot nouveau, d'une expression est qu'ils circulent, qu'ils soient adoptés par le plus grand nombre voire qu'ils deviennent un signe de reconnaissance d'une corporation ou d'un métier, et se collète au langage courant. À Radio France les petits génies qui ont participé à l'élaboration du "Livre blanc" font tout ce qu'ils peuvent depuis des années pour pousser la mue du média radio le plus loin et le plus vite possible (4). Pour faire disparaître du langage le mot radio ils ont réussi à conceptualiser une des étapes ultimes avant le coup de grâce et, fiers comme Artaban, ils ont inventé le mot "Radios-Réseaux". Bon pour l'instant il est au pluriel mais ça va pas durer !

Radio-Réseau kézaco ?
Le syndrome absolu à Radio France étant d'attraper les jeunes avec autre chose que du vinaigre, le faux-nez va consister à ajouter le mot réseau (dans l'air du temps) au mot radio (absolument has been) (5). Et après avoir écrit ce mot composé sur la page blanche du Livre blanc yapuka le faire circuler. Les jeunes qui n'écoutent plus la radio depuis Saint-Granier (6) vont donc à partir d'après-demain être sollicités pour se brancher Radio-Réseau. Tendez l'oreille ce mot va courir les ondes jusqu'au point d'exclure ceux qui n'y entraveront rien (l'entre soi, c'est bon pour l'ego). Étape ultime de la jouissance pour les margoulins qui se prennent pour des linguistes.


Studio 104, 5 juin 2019… Sibyle Veil














Bien sûr derrière le mot, la méga stratégie de mutation va être mise en œuvre. Sans doute qu'à force de le répéter en boucle sur les antennes, les réseaux sociaux et autres communautés d'intérêt, les jeunes vont découvrir Air Inter (7), Air Culture et Air Musique en étant persuadés qu'ils viennent de découvrir un nouveau réseau où se racontent des histoires, où se diffuse de la musique (8) et où les infos galopent à la vitesse de Brut. Alors, elle est pas belle la vie ? Quand le mot réseau sera intégré "par tous les français" la radio aura vécu, on écoutera un, deux, dix réseaux (radio). Mais pour faire ce nouveau réseau socio (ça rime !) il aura fallu tout bouleverser, du sol au plafond, à tous les étages de la Maison de la radio.

Radio-Réseau c'est un des étages de la fusée de la mutation dont, vous l'aurez compris, l'objectif est d'inventer de nouveaux formats, de nouvelles façons de faire de l'audio, de nouveaux métiers et surtout "du passé faire table rase". Dit autrement, changer toute la grammaire de la radio (et jeter avec l'eau du bain des dizaines et des dizaines de salariés) juste par allégeance au numérique et à la course à l'échalote pour attraper "les jeunes"… et la volonté à terme de faire disparaître l'audiovisuel public.

(À suivre)
Ici lundi, 8h, pour un nouveau mot



(1) Privée d'auditeurs comme Europe 1 grâce à des génies de la programmation comme Frédéric Schlesinger ou Laurent Guimier,
(2) Par contre j'ai pas lu le roman à clefs d'un certain Guy Lagache
(3) Chapitre 3, "Parler à tous les français", page 30,

(4) Deux gougnafiers de la com', Mathieu Gallet et Laurent Guimier, ont bien tenté d'imposer "média-global" mais ils se sont pris un râteau (exposé aujourd'hui au musée des horreurs),
(5) Sorry for l'angliche,
(6) Là c'est juste une figure de style (sic) vous irez voir sur les internets qui est le gazier ?

(7) Réseau-Radio, initiales RR, contracté et réécrit en Air, c'est pop, planant, jeune et net, comme "on air",
(8) Lors de la rencontre des salariés au 104 mercredi 5 juin, Laurence Bloch, directrice d'Inter a dit "vouloir prouver aux jeunes que France Inter est une chaîne faite pour eux. Notamment en diffusant du PNL et du Damso". CQFD.

jeudi 6 juin 2019

Paroles… Paroles (entendues à Radio France)

Donc hier au 104 de Radio France, Sibyle Veil, Pédégère et un aréopage important de directrices, directeurs et autres cadres spécialisés ont pris la scène et le pupitre pour chacun leur tour égrener, vanter et vendre les mérites 'd'"une nouvelle ambition de service public". L'objectif après deux jours de Comité Social et Economique Central (CSEC) était de rencontrer les salariés. Encore eût-il fallu que les intervenants ne mangent pas plus des trois quarts du temps (14h30-18h) pour laisser la part congrue aux salariés !

Sibyle Veil devant les salariés au 104, hier…














Avant d'écouter ce matin le documentaire de la Fabrique de l'Histoire sur les typographes, j'ai pris au vol le journal de 9h de France Culture et ai eu la surprise d'entendre un compte-rendu du raout de la veille. Je précise, - qu'à distance - j'avais suivi sur Twitter le déroulement de cette grand messe qui ressemblait - et en beaucoup moins classe - à une keynote de Steve Jobs (ex-patron d'Apple) plutôt qu'à une agora où "le peuple pouvait côtoyer l'élite"

Extraits du journal de France Culture (1) : "Et si tous les salariés rendaient quelques jours de congés pour parvenir à un effort soutenable et équilibré a fini par lâcher la directrice des ressources humaines [Catherine Chavanier] récemment arrivée à Radio France" et d'ajouter "ce qui n'empêchera pas les suppressions de postes avec des départs volontaires…" Le bâton sans la carotte.

Sibyle Veil (répondant aux représentants syndicaux) : "Vous n'êtes pas là que pour vous opposer, vous devez donner un avenir aux collaborateurs, changer vos habitudes et négocier." Ajoutant "On s'est battu pour vous, pour que votre histoire à Radio France continue de vivre. Ailleurs il y a de nombreux plans sociaux mais chacun doit faire des efforts surtout dans le contexte du débat de la suppression de la redevance". On notera l'effet dévastateur de cette épée de Damoclès, posée à dessein au-dessus des têtes des patrons de l'audiovisuel public, par un Gérald Darmanain (Ministre du Budget) qui voulait tester grandeur nature les effets produits. Opération réussie pour le Ministre. Tétanie assurée (et prétexte extra) des entreprises concernées ! 

Une salariée prend la parole : "Il faut voir comme on nous parle, arrêtez de dire que tout va bien dans la maison, j'ai 37 ans de boîte et je ne l'ai jamais vu aller si mal."  Sibyle Veil a conclu la rencontre par un nouveau mantra qui risque de faire florès : "la nécessité d'un nouveau pacte social". Tous les ingrédients sont réunis pour gâcher les bons sondages, les réussites collectives et individuelles et installer un climat pourri que le meilleur soleil d'été ne parviendra pas à faire disparaître !

AG du personnel aujourd'hui à 13h au foyer F !
(À suivre)

(1) Reportage d'Éric Chaverou, 

à 2'30




mercredi 5 juin 2019

Veil, Lagardère, Gallet : tous au feu…

Bon, j'aurais pu titrer "La LGV des médias" (Lagardère, Gallet, Veil) mais je les ai mis dans l'ordre de leur apparition hier. Chacun au feu de sa maison : Radio France, Europe 1, Majelan.

L'Etna à nouveau en éruption…
















Europe 1 : Au feu !
Aux chiffres désastreux d'audience, il faut ajouter pour la station la perte (temporaire) de son vice-Pdg, Laurent Guimier après une chute et un arrêt maladie depuis 6 semaines ! Pour ce qui concerne la poursuite de la matinale avec Nikos Aliagas, Lagardère en parle la semaine prochaine avec l'intéressé. Pour Laurent Guimier la décision ne serait pas encore prise. Mais Benoît Daragon du Parisien (1) a relevé le propos d'un participant "Mais par plein d'allusions vachardes on a compris que c'était plié…" Le Pdg a aussi reconnu que les deux saisons passées sont un échec. Et donc le sien puisque c'est lui qui avait choisi Frédéric Schlesinger puis Laurent Guimier pour diriger la station. Quant à Virgin et RFM elles seraient bien à vendre révèle Le Figaro.

Sur son compte Instagram Lagardère a publié : "Ce matin, en vous voyant et en vous écoutant toutes et tous réunis, j’étais fier de votre attachement exigeant à Europe 1 et fier de vous avoir à mes côtés. Vous pouvez compter sur mon soutien sans équivoque. Un pour tous et tous pour Europe 1 !". On en saura donc plus la semaine prochaine ! Quant à Guimier j'avais écrit il y a un an : "L'avantage avec Guimier c'est qu'il connaît les pratiques impitoyables du football professionnel. Donc il a beau roucouler dans le reportage que "Le Tube" lui a consacré samedi dernier sur Canal+, en annonçant qu'il a 97 jours pour mettre en place une nouvelle grille de programmes, il devrait savoir qu'il peut sauter au 98ème ou, "reculer pour mieux sauter", au 173e quand Médiamétrie aura annoncé le naufrage définitif (ou une minuscule rémission) d'Europe 1."


Radio France : Au(x) feu(x) qui couve(nt)
Au bout de la deuxième journée de Comité Social et Economique Central (CSEC) la Pédégère, Sibyle Veil a levé la séance sans avoir répondu aux organisations syndicales représentatives des salariés pour ce qui concerne "les 25M€ d'effort demandé sur les charges de personnel, leur ventilation et en particulier les réductions d'effectif d'ores et déjà projetée." (2) L'ambiance est a minima tendue a maxima explosive. Veil, droit dans ses bottes, se prépare à faire passer -en force- les orientations d'un Livre Blanc qui détaillent la mue que vont devoir opérer Radio France et ses salariés à l'horizon 2022. Ces mutations s'accompagnent d'une bagatelle d'économies à hauteur de 60 M€ (3).

Veil n'est pas Gallet. Ce dernier "parachuté" à la tête de Radio France après celle de l'Ina n'avait ni les capacités ni le charisme pour diriger une maison qui n'était ni une "boîte" (4) ni une start-up tendance. Le CSA l'a dégagé en février 2018. Si Sibyle Veil, énarque, n'a aucune affinité ni empathie particulière pour la radio, elle va rigoureusement et implacablement appliquer ce qu'attendent les tutelles. Une diminution drastique des coûts de fonctionnement et un positionnement numérique affirmé et acté pour être dans le jeu (game) de la "start-up Nation". Aucun risque qu'elle bafouille ou s'assoit sur la scène du studio 104 où son prédécesseur avait tenté de s'exprimer devant les grévistes en 2015. Elle parlera cet après-midi devant le personnel au 104 pour présenter les orientations du Livre Blanc "Radio France 2022, une nouvelle ambition de service public"


Majelan : Au feu… follet
Au milieu de tous ces grands feux, Mathieu Gallet avait décidé de donner le coup d'envoi de son agrégateur de podcasts. Majelan n'est pas celui détroit (5) qui est le plus en difficulté. Gallet démarre cool avec 25 salariés et une ambition de ouf. Il vise un positionnement international (ben tiens) et réalise un rêve puisque quelques jours avant son arrivée à Radio France, il y a 5 ans, il envisageait déjà de vendre les podcasts issus des émissions du service public. Mais comme le relate Les Échos il semble que "Radio France demande cependant à son ancien patron de retirer immédiatement de Majelan les podcasts du média public, faute d'accord" (6). Le mariage RFM (Radio France Majelan) ne semble pas pour demain (7) ! Gallet tiendra t-il le cap de Majelan ? Là au moins, il n'aura d'autres choix que celui d'appliquer le principe de réalité et d'y regarder à deux fois avant de garnir de palissandre les murs de son bureau. 

Fernand de Magellan… toute ressemblance !













(1) "Arnaud Lagardère ne lâche pas Europe 1", 4 juin 2019,
(2) Repris dans la résolution votée à l'unanimité par les organisations syndicales de Radio France (Cfdt, Cgt, FO,SNJ, Sud, Unsa)
(3) Nous aurons l'occasion de revenir dans les prochains jours sur plusieurs de ces orientations et particulièrement pour Fip où il est écrit : "Aller à la rencontre des acteurs culturels et des auditeurs pour renforcer les liens avec eux : délocalisation de l’antenne sur le territoire, organisation de Live à Fip à Paris et en région, organisation de Fip Tour (renforcement des liens avec les acteurs culturels qui osent la création et soutiennent les nouveaux talents), création d’un radio-crochet des programmateurs." Mais rien de précis sur les antennes régionales de Bordeaux, Nantes, Strasbourg,

(4) C'est le terme qu'il avait employé pour qualifier Radio France dans son mot d'accueil devant les salariés lors de sa prise de fonctions en mai 2014,
(5) J'ai bien le droit de pasticher l'Almanach Vermot,
(6) "La plate-forme de podcasts Majelan se lance avec des ambitions internationales", 4 juin 2019,

(7) En souhaitant contrôler mieux la distribution de ses podcasts sur les plate-formes (Apple, Spotify, …) Radio France va peut-être enfin se bouger pour créer sa propre plateforme quand, aujourd'hui, accéder aux podcasts de ses chaînes c'est juste le parcours du combattant.

mardi 4 juin 2019

Europe 1 : faire du chiffre… des chiffres !

Dans une heure le Pdg d'Europe 1, Arnaud Lagardère, rencontrera les salariés au nouveau siège de la radio (2, rue des Cévennes, Paris XVe). Y'a le feu au lac et, depuis la dernière Assemblée générale de son groupe, le 10 mai dernier, le Pdg s'est donné le temps de la réflexion. À celle-ci il a du intégrer l'arrêt maladie prolongé de son vice-Pdg, Laurent Guimier qui ne serait pas présent à la rencontre de ce matin. Tous les chiffres de la vénérable maison sont dans le rouge. Alors entre deux dépressions cataclysmiques Europe 1 se rassure comme elle peut avec des chiffres. Pathétiques !



Jugez plutôt. La direction de la chaîne a trouvé judicieux il ya quelques semaines de mettre en avant la 150ème matinale du photographe Nikos Aliagas (1) ! Cent cinquante matinales, chiffre absolument ridicule au regard du passé de ceux qui ont tenu les matinales et les grands journaux d'information de la chaîne depuis les années 50 (2). Mais Guimier voulant "refaire Europe 1" commence surtout par faire de la com'. Là il s'y connaît. À ses méthodes marketing il faut ajouter la méthode Coué éprouvée et approuvée par son mentor, Mathieu Gallet ex-Pdg de Radio France.

Après Nikos, Hondelatte et son 500ème récit (depuis septembre 2016), dixit Le Parisien d'hier. On croit rêver ! Hondelatte a eu de grands devanciers en radio mais surtout à Europe 1. Bellemare c'est combien d'histoires extraordinaires ? 5000 ? 10 000 ? Philippe Alfonsi combien d'"Histoires d'un jour" (1977-1981) ? Autant dire que le chiffre de cinq cent est juste ridicule sur une chaîne qui a, grâce à Bellemare, magnifié le récit justement. Mais Hondelatte n'invente rien et roucoule. Par contre au niveau voyance il a toutes ses chances : "Je n’ai aucune crainte quant à mon avenir sur Europe 1. Le contexte est un peu tendu mais j’ai un rendez-vous avec la direction cette semaine. Je suis confiant car je suis le seul à progresser en audience." La crise traversée par la station ? "La difficulté d’Europe 1 est la même que pour les Républicains : quel espace nous reste-t-il ? Il nous faut trouver une nouvelle place. J’y crois. À un moment, il faudra arrêter de changer tout le temps." (3)

Dès que les éléments de cette rencontre au sommet seront connus, j'en ferai part ici ! Ah, au fait, si je pouvais je proposerais bien à Lagardère d'essayer de garder ses directeurs d'Europe 1 au moins… 500 jours !

13h15 : sur l'Instagram de Lagardère. "Un pour tous, tous pour Europe 1". Quel panache !



(1) Rappelons que c'est dans un vrai souci marketing que Guimier avait choisi Aliagas pour succéder à Patrick Cohen à la rentrée 2018, comme en son temps à France Info il avait confier à Apathie l'interview de 8h30 sur France Info au lieu de le proposer à Fabienne Sintès qui animait le 7/9… En même temps le marketing à Europe 1 c'est cohérent !
(2) André Arnaud, Jacques Paoli, Maurice Siegel, Philippe Gildas, Etienne Mougeotte… et plus si affinités,
(3) Le Parisien, 3 juin,

L'art du conteur ! Écoutez ci-dessous… (avec même des pubs dedans !)



Ajout du jour à 11h…



lundi 3 juin 2019

La semaine radiophonique : noire !

La semaine radiophonique : l'hebdo qui, dans les années 50, proposait les programmes radio. J'utilise ce nom pour présenter la semaine à venir qui va être décisive pour Radio France et peut-être pour Europe 1, le Pdg Arnaud Lagardère devant rencontrer les salariés de la chaîne demain. Noire cette semaine assurément si les enjeux présentés par Sibyle Veil au Figaro (1) vont dans le sens d'un plan social et économique sans précédent ! En couv' de la Semaine ci-dessous un très grand animateur de radio Gérard Sire (à droite) qui a fait les grandes heures de France Inter, Europe 1 et RTL. 



Enguerand Renault, journaliste au Figaro, n'est jamais en reste pour fustiger l'audiovisuel public. Fort de ce soutien récurrent, Sibyle Veil a pu lancer quelques messages pour préparer les esprits des salariés du groupe public, des syndicats et des tutelles (Culture/Finances). Celles-ci pourront être assurées de la bonne volonté et de la détermination de ce bon petit soldat, zélévisiblement prêt à aller plus loin que Mathieu Gallet, son prédécesseur, arrogant, inexpérimenté et suffisant.

Au cirque Pinder, Renaud aurait été parfait dans le rôle du jongleur. Il assène : "Radio France doit trouver 60 millions d’économies sur trois ans entre la baisse annoncée de longue date de 20 millions d’euros des ressources publiques, une augmentation de 20 millions des charges (personnel, loyers…), un investissement de 15 millions dans le numérique et de 5 millions dans le déploiement de la radio numérique terrestre (DAB+)." Voilà, les balles (à blanc ?) sont lancées. Mais on n'est pas à Roland Garros. Qui pourrait/voudrait prendre le revers ?

La semaine de Veil c'est ça : Conseil d'Administration le 3 juin, CSE central 3 et 4 juin, annonce aux salariés le mercredi 5 juin… Le K.O. et le chaos sont dans la ligne de mire de la Pédégère que n'effraye pas la mue de l'audiovisuel public (2). On notera que "Dieu numérique" n'a aucun souci à se faire pour continuer à imposer son monopole de développement. Laurent Frisch, directeur du Numérique à Radio France peut jubiler, l'éditorial désormais c'est par lui que ça passera (3) !

Vous pouvez imaginer, mes chers auditeurs, que je ne vais pas rester les bras croisés face à ce cataclysme annoncé. "Demain est un nouveau jour" écrivait Margaret Mitchell à l'issue de son roman "Autant en emporte le vent". Pourvu qu'on ne soit pas en train d'écrire "Autant en emporte la radio".

(À suivre…)

Tweet du SNJ RF du 3 juin 2019









Aujourd'hui, premier jour de grève du service "Documentation d'actualité" de Radio France dont l'effectif de 16 personnes a été diminué du quart depuis le début de l'année, créant des conditions de travail et de service difficiles. Ce service de documentation est utile aux sept chaînes du groupe. Cette ponction de personnel peut laisser présager une réorganisation globale des services de documentation de Radio France dans le cadre des économies "à marche forcée" que veut imposer la Pédégère, Sibyle Veil.

(1) 1er juin, avec un titre digne de l'Almanach Vermot "Sibyle Veil met Radio France sous tension",
(2) En 2010, elle est recrutée à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) par Mireille Faugère, avant de travailler pour Martin Hirsch pour y mener un programme de transformation de ses 37 hôpitaux dans le contexte tendu des restructurations hospitalières. Membre du comité de direction de l’AP-HP, Directrice de la transformation, elle y anime la réflexion stratégique et y organise le déploiement de programmes de transformation dans les hôpitaux (source Wikipédia),

(3) Et non pas par le romancier affublé du titre de n°2, 

dimanche 2 juin 2019

Dimanche dans un fauteuil d'archives, 12

J'aurais tant aimé titrer mon billet "L'homme qu'a (pas) vu l'ours…". Olivier Chaumelle, producteur et documentariste à France Culture depuis l'époque… des cavernes est un personnage. Sans jamais faire de bruit, ni élever la voix, Chaumelle tisse et retisse des histoires singulières. Avant même de voir son nom dans le détail du programme de samedi dernier j'étais persuadé que "Canfranc" était pour lui. Si c'est insolite, bizarre, tordu, enfoui, décalé c'est Chaumelle qui s'y colle. Le personnage n'est pas très grand, mince (sans rire) alors quand dans l'épisode 2 de son doc il évoque, avec son interlocuteur dans un tunnel, la rencontre possible avec un ours on imagine l'Apocalypse et les funérailles nationales que France Culture aurait dû organiser si la confrontation avait dû avoir lieu. Sauf si, dans ses derniers retranchements, Chaumelle n'avait d'autre solution que de raconter à l'ours une de ses histoires impayables !







C'est l'époque d"aller faire une partie de campagne et pour celle de Renoir je me damnerai !



À dimanche prochain, 10h…