dimanche 18 décembre 2022

On s'fend trop la gueule à écouter la radio… publique !

Samedi matin, un twittos inspiré me conseille d'écouter une émission musicale de Radio France faite par les auditeurs. Je vois la communication (sur Twitter) qu'en fait la chaîne depuis des mois, sans jamais avoir eu envie d'y tendre l'oreille. Doutant sérieusement que des souvenirs -aussi sincères et émouvants qu'ils soient - puissent faire une émission. Pour jouer le jeu, j'écoute et tout commence très très mal…



Nous l'apprendrons dans cette émission, Eddie Barclay (pour l'état civil, Edouard Ruault), un musicien de jazz qui créera Barclay, une très belle maison de disques, avait un cousin Guy, qui sûrement en sous-main était chargé de s'occuper de Léo Ferré. Poète, musicien, chanteur Léo fit les belles heures de Barclay même si Barclay fut à son égard assez frustrant et n'hésita pas à censurer au moins une de ses chansons (1). Pas celle ci-dessous, pied de nez à Eddie.

“Monsieur Barclay m’a demandé :

Léo Ferré, j’veux un succès

Afin qu' je puisse promotionner

A Europe1 et chez Fontaine

Et chez Lourier et chez Dufresne

Et moi, pas con

J’ai répondu :

Voilà patron

C’que j'ai pondu !”


Guy, donc, ne dépassera pas sa minute de gloire ce samedi matin vers 7h31 sur France Musique, quand il se voit affublé du patronyme de Barclay. Tout ça pour faire la promo d'un coffret Ferré récemment édité. Navrant. Désolant. Sidérant. Mais charme de l'ignorance nous découvrirons, un peu avant huit heures, Ricette Barrier qui nous rappelait furieusement un certain Ricet (rissai) dont on ne savait pas qu'il avait une sœur (2). N'en jetez plus la cour est pleine !

Cette émission - France Musique est à vous - pour le moins incongrue, voire absolument inconsistante est sans doute le reflet absolu du niveau baisse et du foutage de gueule intégral vis à vis de l'amateur (éclairé ou pas) de musique ! Concept éculé, animation bâclée, image de marque (de la chaîne) sinistrée. 

Peut-être que cette chaîne qui confie des émissions musicales à des personnes qui n'y connaissent rien pourrait avoir un minimum de bon sens et s'abstenir de choix aussi hasardeux ! Chaîne qui, comme c'est la mode à Radio France, roucoule sur les chiffres d'audience en YouTube et autres circonvolutions rézotées.

Pour les amoureux de Léo se reporter au Retour de plage de Thierry Jousse…

(1) Écoutez l'interdite "À une chanteuse morte" et ce que Ferré en dit,
(2) Merci à T. qui m'en informa sur le champ (de foire),

vendredi 16 décembre 2022

La farce de Maître Pathelin… un remake sur France Inter

C'est beau le corpo(ratisme), corporate disent les managères de moins de cinquante ans. Tous les matins depuis la rentrée (ou presque) Cyril Lacarrière, journaliste, enfile les perles sur France Inter dans une chronique "Médias" exclusivement utile à la roucoule et à la réinterprétation de ce qu'on lit, voit, écoute partout. Mais bon ça comble un "trou" ! On se demande pourquoi ces quatre minutes n'auraient pu être conservées par Sonia Devillers (autre enfileuse de perles) comme ce fut le cas les trois premières semaines de rentrée…







Ce jeudi 15 décembre Lacarrière évoque les propos de Tim Davie (9 décembre), directeur général de la BBC indiquant "qu’il se préparait à un futur uniquement « online », sans les fréquences radio ou la télévision, au cours de la prochaine décennie". L'info est déjà usée. Delphine Ernotte, Pédégère de France Télévisions, a immédiatement rebondi pour s'inscrire dans cette perspective pour ce qui concerne la télévision française publique.

Facile, bis repetitaLaccarière roucoule sur le sujet en prenant bien soin de ne pas évoquer la radio, des fois que la radio pourrait elle-même être concernée. Ben non, on va quand même pas donner le bâton pour se faire battre. On va ménager, Sibyle Veil pour son grand oral de l'Arcom, lundi prochain. On ne va surtout pas informer les auditeurs du fléau attendu de telles perspectives d'avenir pour l'audiovisuel public. Quelle farce ! Le voilà le remake de Pathelin.

Alors parlons d'autre chose. De tout de rien. En surfant perpétuellement sur la vague médiatique qui n'en finit jamais de s'étaler partout, tout le temps, par tous les temps. Et roucoulons, roucoulons il en restera sûrement… rien ! Rien ! Le vide absolu. L'inutile encombrement de la pensée. La danse du scalp en pleine banquise. Du même tonneau que Serell, des chroniques superfétatoires qui permettent d'éparpiller et diluer la réflexion dans le grand maelstrom du gna-gna-gna et du café du commerce.

Ces chroniques permettent la diversion, empêchent d'approfondir un sujet, à défaut de le moudre donnent du grain aux poules et permettent surtout d'étirer une matinale de 5h à 9h30. L'auditeur est gavé. L'éleveur n'a plus qu'à compter les œufs pondus que méticuleusement Mediamétrie compile chaque jour et, mieux, chaque quart d'heure. Mais attention, il n'est jamais bon de mettre tous ses œufs dans le même panier.

mardi 13 décembre 2022

Avant le raout (du 19 décembre), Fañch Langoët nous livre sa vision des enjeux pour la radio publique…

Hier David Christoffel répondait à nos questions. À mon tour de répondre aux questions que je me pose.













Radio Fañch : Fañch tu m’as annoncé depuis longtemps la pose d’une RTT (Radio Tout Touïe) le 19 décembre, que se passe t-il ce jour-là ?
F. : Une grosse différence avec l'audition des prétendants à la Présidence de Radio France en février 2014, quand le Président du CSA, Olivier Schrameck avait décidé que lesdites auditions se dérouleraient à huis-clos. Nous privant ainsi d'entendre le projet stratégique de Mathieu Gallet qui sera nommé Pdg (2014-2019). Ici nous pourrons entendre le journaliste Florent Chatain, Maïa Wirgin, secrétaire générale de la Cour des Comptes, Sibyle Veil actuelle Présidente. 

R.F. : Que des prétendants à la gestion de la radio publique fassent du cinéma, ça ne t’interroge pas grave sur le “transfuge de genre" ?
F. : La gesticulation de Sibyle Veil est pathétique. Maïa Wirgin fait preuve de plus de sobriété. Florent Chatain a un projet particulier pour France Bleu et pour les contrats de travail. Souhaitons que leur prestation orale nous épargnent les effets de manche.

R.F. : On peut dire (par ta naissance) que tu es vraiment un enfant de la radio, quels Pdg et/ou directrices ou directeurs de chaîne t’ont marqué… à vie ?
F. : Je suis né après… 1921. Roland Dhordain (directeur de la radio/ORTF, directeur de France Inter), Jacqueline Baudrier (1ère Pédégère de Radio France, 1975-1981), Pierre Wiehn, (directeur de France Inter, 1973-1981), Jean Garretto (directeur de France Inter, 1983-1988), Jean-Noël Jeanneney, (Pdg de Radio France,1982-1986), Jean-Marie-Borzeix (Directeur de France Culture, 1984-1997).

Yann Paranthoën en cellule de montage













R.F. : Comment vois-tu l’avenir de la radio dans le maelström de la fusion des audiovisuels publics ?
F. : Très compliqué ! Dans une holding la radio peut garder sa place de média audio face au média visuel qu'est la TV. Dans la fusion, la radio (ou l'audio que propose S. Veil, actuelle Pédégère) risque d'avoir bcp de mal à être distinguée comme elle peut l'être aujourd'hui. Dans tous les cas ce ne seront plus sept chaînes hertziennes qui feront partie du jeu. 

R.F. : Si pour Aragon “la femme est l’avenir de l’homme” le podcast est-il l’avenir de Laurent Frisch ?
F. : Laurent Frisch est la sublimation même du podcast.

R.F. : Peux-tu révéler le thème de ta prochaine création radiophonique ?
F. : Faire un podcast (sic) sériel en 2385 épisodes des 2385 billets de ce blog.

R.F. : Avec qui aurais-tu rêvé de faire une émission sur France Musique ou sur France Culture ou les deux ?
F. : Avec Thierry Jousse pour Easy Tempo ou Retour de plage sur France Musique. Avec Josette Colin pour les Nuits magnétiques sur France Culture et Christine Robert pour ses émissions avec Marion Thiba et Marie-Dominique Arrighi. Avec Yann Paranthoën partout où il aurait bien voulu m'emmener. Petite main avec Jean Garretto et Pierre Codou, à l'Oreille en coin, France Inter. 



lundi 12 décembre 2022

Avant le raout (du 19 décembre), David Christoffel nous livre sa vision des enjeux pour la radio publique…

Bon, quelquefois il vous arrive bien avec des potes de faire un plateau TV un soir de match de… croquet. Avec David Christoffel, - Poète et compositeur / Producteur @RTS/ Metaclassique sur 100 radios libres - on a, depuis octobre, réservé une bonne partie de la journée du 19 décembre pour écouter “Trois variations en do majeur” ou l'audition des trois postulants à la Présidence de Radio France. Florent Chatain (journaliste), Maïa Wirgin et Sibyle Veil. Que, comme nous, vous pourrez suivre sur le site de l'Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). J'ai proposé à David de répondre à quelques questions.

















Radio Fañch David, tu m’as annoncé depuis longtemps la pose d’une RTT (Radio Tout Touïe) le 19 décembre, que se passe t-il ce jour-là ?
D.C. : Quand, il y a 5 ans, Emmanuel Macron parlait de l'audiovisuel public comme d'une "honte", il entendait sortir d'un "système incestueux" avec le voeu d'apporter la culture à ceux qui en sont les plus éloignés. L'idée même d'une culture à deux vitesses tient d'une rhétorique assez verticale de démocratisation de la culture. Depuis 5 ans, les dynamiques s'intensifient pour réfléchir en termes plus horizontaux de démocratie culturelle. Et le Ministère de la Culture promeut de plus en plus systématiquement la déclinaison des droits culturels. Si bien que la diversification des voix (trop souvent comptabilisée sur des marqueurs identitaires) et le pluralisme des écritures radiophoniques sur les chaînes publiques sont des enjeux démocratiques majeurs, pourtant très peu mis en avant par les projets stratégiques en débat. C'est pourquoi je serai à l'écoute, le 19 décembre, des déclarations des candidats mais aussi de l'expression des attendus de l'Arcom.

R.F. : Que des prétendants à la gestion de la radio publique fassent du cinéma, ça ne t’interroge pas grave sur le « transfuge de genre" ?
D.C. : Le storytelling risque effectivement de masquer les enjeux. Et le box-office de prendre une place trop écrasante dans les bilans. Il est même contradictoire d'avoir un consensus massif pour défendre une offre audiovisuelle indépendante des GAFAM et de justement compter ses succès en nombre de vues. La guerre des chiffres laisse en angle mort des questions aussi essentielles que l'indépendance de la radio ou les questions éducatives. Il me semble préoccupant que le seul candidat qui vienne du métier de la radio n'emploie pas le mot "éducation" et, surtout, n'affiche aucune ambition culturelle qui dépasse l'existant. Mais il a eu le courage d'y aller. Et on peut regretter que la fonction n'ait pas attiré d'autres profils que les deux énarques dont les parcours sont d'autant moins discutés qu'aucun autre type de compétence ne vient les challenger. 

Leurs projets ont des nuances assez fines dans la forme mais plutôt fortes dans le fond. Pour ne prendre que l'exemple de l'éducation aux médias, leurs projets stratégiques restent enfermés dans une vision très centrée sur l'information. Aucun des projets ne questionne la variété des genres radiophoniques. Encore une fois, le pluralisme ne peut pas se penser sans une riche variété de formes et d'expressions. Or, les deux projets entendent concentrer leurs efforts sur la formation des journalistes, comme si ce n'était pas tous les métiers de la radio qui méritaient de faire éducation aux médias. 

Maïa Wirgin fait mention de l'éducation artistique et culturelle, mais pour vouloir seulement renforcer l'offre existante en pratique musicale. Il est incroyable que la pratique artistique de la radio (ou, par extension, la création sonore) n'apparaisse dans aucun des projets. En plus d'une vision réductrice de ce qui peut faire radio, cela révèle aussi une vision parisianiste en ce que ces projets cantonnent l'éducation aux activités pédagogiques de la maison de la radio au lieu d'envisager l'envergure nationale que ces enjeux méritent dans chacune des radios locales de Radio France. Et j'insiste sur ce point car c'est bien l'un des travers du prisme des bonnes audiences qui porte les analyses à raisonner sur l'existant plus que sur l'idéal.

















R.F. : On peut dire (par ta naissance) que tu es vraiment un enfant de Radio France, quels Pdg et/ou directrices ou directeurs de chaîne t’ont marqué… à vie ?
D.C. : Je suis effectivement né sous Giscard. Mais j'essaye de rester à distance de tout culte de la personnalité.

R.F. : Comment vois-tu l’avenir de la radio dans le maelström de la fusion des audiovisuels publics ?
D.C. : Je ne peux pas m'empêcher d'espérer que de nouvelles synergies puissent faire émerger de nouvelles formes. Comme disait Silvain Gire au dernier colloque du GRER, la production télé est très majoritairement de la radio filmée. Mais je redoute que des calculs du type ratio coût/nombre de clics ne viennent décevoir ces utopies que, à mon échelle, depuis plusieurs saisons, je ne réussis à épanouir que sur les radios libres.

R.F. : Si pour Aragon “la femme est l’avenir de l’homme” le podcast est-il l’avenir de Laurent Frisch (1) ?
D.C. : Il ne fait aucun doute que, comme chacun de mes collègues de la maison de la radio et de la musique, Laurent est quelqu'un de génial. Et il ne fait aucun doute que tous les gens qui ont du génie peuvent avoir de l'avenir dans le podcast ou dans autre chose (car il y a beaucoup de génies qui ne font pas de podcast tout comme il existe beaucoup de podcasts qui ne sont pas géniaux), à moins d'être viré de la radio comme cela peut aussi arriver à beaucoup de gens géniaux. Bref, laissons à l'avenir le soin de nous surprendre.

R.F. : Peux-tu révéler le thème de ta prochaine création radiophonique ?
D.C. : Ce sera le réveillon. J'ai proposé à la Compagnie Turbulences (bien connue du grand public pour sa participation aux Rencontres du Papotin sur France 2) de faire un réveillon de Noël rien que pour Metaclassique. C'est une création pleine de rêves irréalistes, de bons sentiments d'une hypocrisie jubilatoire, d'histoires drôles hilarantes de nullité, de chants de Noël chantés à tue-tête et de bonnes résolutions pour la nouvelle année.

R.F. : Avec qui aurais-tu rêvé de faire une quotidienne sur France Musique ou sur France Culture ou les deux ?
D.C. : Avec les publics. Dans un esprit de jeu, de découvertes et d'utopies partagées.

Demain… je répondrai à ce même questionnaire.

(1) Directeur du Numérique et de la Production à Radio France,

dimanche 11 décembre 2022

Disparu G. ? On fait le point !

Il adore grenouiller. Se faufiler, jouer des coudes et, l'air de rien, décrocher la timbale. Dégommé au début de l'automne, il est tombé de haut comme une vulgaire pomme sur la tête de Newton (1). Sur la paille il risquait de pourrir. Mais là, tout de suite, il s'est calé dans les starting-blocks prêt à bondir. Tel Charles, attend patiemment que les officines (qui grenouillent aussi) nomment W, X,Y ou Z à des postes de prestige. Alors d'un effet de yoyo permanent - qu'il sait provoquer - il sera nommé Super Mario(le), sans la casquette. Éviter de porter le chapeau, son meilleur rôle dans un soap de telenovela. 







Là, la (basse) cour (des moutons ou des oies blanches, c'est selon) caquettera “Encore lui ? Mais jusqu'à quand va-t-il continuer à ressusciter” ? Jusqu'à ce que Sainte-Thérèse le lâche. Et pour l'instant elle le tient par le bréviaire. Ben oui, Sainte-Thérèse c'est son truc depuis tout p'tit, du fin fond de sa province (archaïque). Archaïque et bénie. Oui-oui. Il s'y recueille quand, tombé en disgrâce (c'est récurrent, effet yoyo on vous dit), il a besoin de prier les dieux de l'A.P. Pas de l'Assistance Publique mais plutôt de l'Audiovisuel Public. Chapelet en main gauche, il consulte à donf. Courbettes, cirage de pompes, pommade (de l'Abbé Souris). Il a tout l'fourbi dans le coffre de la R16 (2).

Va plus tarder à sortir du chapeau. Il a déjà une bonne dizaine d'articles-slogans prêts à être publiés toujours emprunts de (mauvaise) foi : Kyrie, j'en pleure et autres Meta, culpa soit s'essayer au coup de pied de l'âne pour Zuck ! Personne ne lit ses homélies totale has been mais, dans les écoles de journalisme on en fait des cocottes en papier ou des avions qui s'écrasent mollement sans jamais avoir décollé.

Le petit joueur de Récré (A2) a changé de look pour surprendre son monde et tel le phénix va dans quelques jours renaître de ses cendres. Un monstre gris qu'on espère en orbite autour de la Terre. Si vous le croisez, vite un podcast, il vous glissera entre deux qu'il va refaire le match (celui dont personne ne connaît les équipes), refaire à dix sous et refaire l'EauAirThéEffe ou refaire sa vie. Grandiose. Prévoir plutôt 120 épisodes sur 5 saisons.

Dans quelques jours, on (re)fait le point G.. D'ici là ayez une pensée pour sa Thérèse.

(1) Relire Gotlib !
(2) Merci Coluche !

vendredi 9 décembre 2022

On est définitivement des audios… (de la pire espèce)

Alors que votre cerveau continue à être disponible aux séries, aux podcasts et à la propagande gouvernementale et politique tous les matins dans les matinales de la radio publique, la Présidente Directrice générale de Radio France, Madame Sibyle Veil, vient de montrer définitivement, s'il en fallait encore la preuve, qu'elle porte un coup fatal à la radio, en ne faisant rien moins que de débaptiser une création centenaire (1921-2021), s'arrangeant avec la sémantique pour, sans l'ombre d'un doute, nous prendre tous pour des audios.

Sibyle Veil,
Capture d'écran, séance du Sénat, 7 décembre 22








Et d'un claquement de doigt annoncer au Sénat, ce 7 décembre, "On est en train de construire un poste de radio (1) du futur ou plus exactement un poste audio qui ne se définit plus pas son support mais par la nature de ses contenus" ! C'est clair non ? À tous les petits chats et autres bisounours patentés qui moquaient notre défaitisme ou notre lucidité, à tous ceux-là il va falloir une bonne dose de clairvoyance pour accepter l'inacceptable. En effet, comment accepter une mue que je documente sur ce blog depuis 2014, dès l'arrivée de Mathieu Gallet aux fonctions de Pdg de Radio France. Mue qui n'a eu de cesse, frontalement ou insidieusement de bouleverser les mécaniques de créations radiophoniques.

La transformation numérique, tarte à la crème (validée par les plus grands pâtissiers) permettant toutes les audaces, les renoncements, les subterfuges et autres carabistouilles managériales. Madame Veil fait beaucoup plus fort que Jeff Panacloc avec sa marionnette, elle parle Frisch (2) sans même avoir besoin d'imiter sa voix !

Il y a quelques jours à Radio France,
photo publiée sur le fil Twitter de
 Fabienne Sintes, journaliste à Radio France












Radio… à terre… pour ne pas dire atterrée
Cette photo tombe à pic. Comme les lettres qui composaient l'ancienne enseigne de Radio France… - à terre -, pour cause de renouvellement en couleur de la marque Radio France ! Madame Veil s'est fait une spécialité en rebaptisant la Maison de la radio. Radio France a vécu vive Audio France. Il faudra aussi, une dernière fois, dans quelques semaines faire tomber, de la façade, radio, cinq lettres d'or qui ont permis tous les voyages et tous les rêves.

Cet audio (fourre-tout) était évoqué dans un Livre Blanc, publié en juin 2019 par Radio France et qui, déjà, détaillait par le menu la casse progressive de vieux modèles pour les remplacer par la modernité numérique audio. Le rouleau-compresseur, lent et efficace, de ce management radical a fait son office et à quelques jours de fin 2022 vient sacraliser la disparition à court terme des supports (les chaînes), (3), pour s'en tenir aux contenus (identifiés et identifiables, sans doute, par couleur de genres). Il n'existera plus qu'une seule source d'émission Radio Audio France. C'est ce que je démontre depuis longtemps et qu'un billet de début d'année synthétisait. 

Cet audio tombe aussi à pic pour permettre à Madame Veil de pérorer devant l'Arcom le 19 décembre, tenter de convaincre les sages du bien fondé de son renouvellement en avril 2023 à la tête de Radio France. Toute la presse mainstream nationale, régionale a déjà donné le résultat de la consultation sans jamais évoquer les effets à court, moyen et long terme du passage en force de l'audio ! Pas plus les député-e-s et les sénateurs-trices  qui n'interrogent jamais la Pédégère sur ce bouleversement qui n'est pas que sémantique.

Gageons que l'Arcom ne se contentera pas des formules, des incantations et autres mantras psalmodiés par Madame Veil qui malgré tout manquent autant de convictions que de charisme et même d'incarnation. À bon entendeur, salut !

Ajout du 9 décembre, 11h30
"Le patron de la BBC brise un tabou. Tim Davie, le directeur général du groupe audiovisuel britannique, a indiqué qu’il se préparait à un futur uniquement « online », sans les fréquences radio ou la télévision, au cours de la prochaine décennie. in "La BBC se projette déjà dans un futur sans radio ni petit écran" , Marina Alcaraz, Les Échos, 9 décembre 2022.

(1) Madame Veil elle-même n'est pas capable d'assumer, ni d'incarner cette mue en utilisant encore le terme désuet de "poste de radio" en le convertissant aussitôt avec les mots "poste audio" désincarnés autant que l'objet poste lui-même qui finira par disparaître, tôt ou tard, du paysage !
(2) Directeur du numérique et de la Production à Radio France, autant dire le grand ordonnateur de la mue,
(3) Ce sera beaucoup plus facile de "dégraisser" le personnel qui finira par fondre comme neige au soleil

lundi 5 décembre 2022

Dans 14 jours, le 19 décembre, grande parade médiatique…

Mieux encore que le calendrier de l'avent, le 19 décembre l'Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) ouvrira les portes aux trois prétendants à la Présidence de Radio France. Un suspens torride qui verra ce jour-là Florent Chatain, Maïa Wirgin et Sibyle Veil défendre leur projet stratégique devant les sages. Une heure chacun, accessible au public suivie d'un huis-clos (mystérieux).










En place, Madame Veil, Pédégère de Radio France (depuis avril 2018), n'a pas manqué ces dernières semaines de faire valoir son bilan qui a fait l'impasse sur les soixante-six jours de grève (2019-2020), les difficultés récurrentes de France Bleu et la crise à France Culture pour laquelle elle n'a jamais montré une quelconque compassion. Si Florent Chatain a peu de chance d'être nommé, Madame Veil fait face à un challenger avec lequel l'Arcom devra compter. Et surtout être sourd aux sirènes médiatiques qui donnent Veil gagnante d'office aux seuls résultats des chiffres d'audience… Comme si ça pouvait suffire à diriger et avoir une vision pour la radio publique !

Il est forcément pathétique que les médias s'engouffrent dans un résultat qui fait l'impasse sur les contenus (hormis ceux qui brillent en chiffres), roucoulent sur les podcasts (sans autre discernement que leur production effrénée), ignorent les nouveaux modes de production (qui finiront par faire disparaître réalisatrices et réalisateurs) et considèrent, à travers sa Pédégère, Radio France comme une usine de production de chiffres, en en faisant des caisses sur les vedettes, ignorant celles et ceux qui ne seront jamais au fronton de la Maison de la radio.

Madame Wirgin, si elle est nommée Pédégère, appliquera sûrement sa politique aux budgets contraints qui ne vont pas manquer d'imposer des choix draconiens pour les cinq prochaines années. Énarque, aujourd'hui secrétaire générale de la Cour des Comptes, comment ne pas imaginer que c'est avant tout la rigueur budgétaire qui l'incitera à finaliser la mue initiée dès 2014 ? Soit réduire le nombre de chaînes, la taille et le nombre des formations musicales et pousser encore plus loin le renoncement aux modes de production (qui ont fait la renommée de la radio publique). L'arrivée progressive de studios et de producteurs indépendants qui prendront de plus en plus de place dans l'éditorial des chaînes publiques pour, effet redondant, diminuer d'autant la masse salariale de Radio France. Tant la radio publique aura fini par se départir de ses savoirs-faire, de ses professionnels très spécialisés comme de la maîtrise de ses productions.

Lundi prochain ici l'interview en exclusivité d'un acteur de la radiophonie publique.